Wolf and Dragon

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 Wolf's Heart

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Princess Okami
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mar 26 Aoû - 16:55

Erf j'ai mis du temps avant de venir lire la suite moi x3 Comme ça fait un bout de temps que j'ai lu les chapitres précédents j'ai eu un peu de mal à tout comprendre, mais bon ... Continue, j'aime toujours autant ton style d'écriture ^^
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Ven 14 Nov - 21:18

Après un bon moment d'attente, voici enfin le chapitre 16. M'aura fallu deux jours de convalescence pour m'y remettre... xD

16. Sous la pluie.



Les quatre cavaliers avaient galopé à travers les bois toute la nuit durant. Au début, Sienna avait pleuré en silence sans que personne ne le remarque. Puis, elle s'était reprise, décidée à accomplir son destin. La vie de milliers de gens était en jeu.
Bien après le lever du soleil, ils s'étaient arrêtés pour bivouaquer quelques heures, histoire de prendre du repos et de reposer les chevaux. Pendant que les trois soldats montaient rapidement le camp, la jeune fille étudiait la carte. S'ils allaient vite, ils auraient passé la frontière le lendemain en fin de journée. En théorie, il fallait encore bien deux jours pour atteindre les Gorges sans Fin. Puis, environ trois ou quatre jours pour revenir. Une semaine en gros, sans compter d'éventuels ennuis et contre-temps. Elle soupira. C'était un pari fou. Un pari de la dernière chance. Presque perdu d'avance.

***


Quand l'armée leva le camp peu après l'aube, Lorens eut l'impression de ne pas avoir fermé l'oeil. De plus, de gros nuages gris promettaient de la pluie. Rien de mieux pour le moral. Avant de partir, il alla prendre des nouvelles de l'éclaireur blessé. On lui apprit qu'il avait succombé dans la nuit à ses blessures et au poison qui l'avait infecté. En effet, son corps présentait des morsures et de profondes griffures d'une taille impressionnante. Les boursouflures violacées ne faisaient aucun doute: le pauvre homme avait été attaqué par des Traqueurs.
Le prince ruminait de nombreuses pensées relativement obscures en rejoignant le général. On lui amena son cheval. L'étalon était frais et dispos, et piaffait d'impatience. Son cavalier lui tapota affectueusement l'encolure, avant d'entortiller ses doigts dans les crins de sa crinière, pensif.
Tout en se mettant en selle, il se décida à entamer une conversation pour se changer les idées.
«Dites-moi général, êtes-vous marié?
Le concerné vint placer sa monture à hauteur de celle de son souverain. Le convoi se mettait peu à peu en place.
-Pas encore, Majesté.
-Pas encore? Il y a donc une femme qui fait battre votre coeur?
-En effet. Et j'ai bon espoir de l'épouser quand tout cela sera fini.
-Si nous survivons à cette bataille, acheva le jeune homme, lugubre.
Sa dernière remarque jeta un froid. Le soldat observa cet homme plus jeune que lui, ayant environ une dizaine d'années de moins. Malgré cet écart, il avait l'air tout aussi mûr. Suite à ce silence, Lorens secoua la tête, comme pour chasser ces pensées négatives, et un léger sourire s'invita même sur ses lèvres.
-Des enfants?
Encore une préoccupation d'un homme habituellement plus âgé qu'il ne l'était.
-J'espère, mon prince.
-Naturellement. Combien?
-Autant que les dieux m'en donneront. Mais, sans vouloir me montrer impudent, je pense que vous avez tout votre temps pour songer à ça.
Le jeune homme eut un petit rire sarcastique.
-J'en doute général. J'en doute fort.
Le soldat donna le signal du départ. L'amertume du jeune souverain était décourageante. S'il ne croyait pas à la victoire, qui y croirait? L'homme garda un moment le silence, bercé par le pas de son cheval qui restait à hauteur de son congénère.
-Vous êtes jeune. Vous avez la vie devant vous. Vous ne devriez pas parler en ces termes.
-Je suis en effet plus jeune que vous, mais vous êtes libre. Moi pas.
-J'ai peur de ne pas comprendre.
Lorens ignora la remarque. Il resta muet, puis sembla changer de sujet.
-Que pensez-vous d'un homme qui a deux options à choisir, la première étant d'agir de manière forcée mais pour le bien du plus grand nombre, la seconde de choisir le plaisir par pur égoïsme, ce qui peut être nuisible, et tend vers la seconde solution?
Flairant le piège, l'autre préféra ne pas vraiment répondre.
-Je ne sais si je puis juger de ça. Mais quel est le lien avec notre précédente discussion? En existe-t-il seulement un?
Le prince éclata d'un rire sans joie.
-Il y a un lien. Ca a tout à voir. Le fait est que l'homme dont il est question n'est autre que moi-même.
-Vous, Altesse?
-Moi, général. J'ai été destiné à lier ma vie à celle d'une femme choisie par mon père, à l'instant même où j'ai ouvert les yeux sur ce monde. Et ce afin de sécuriser le royaume. Car c'est une princesse qui protège de bien sombres secrets.
Le jeune homme se tut. Les premières gouttes se mirent à tomber, devenant bientôt une pluie de plus en plus dense.

***


Loin de là, et pas tant que ça pourtant, plus au Nord, une autre armée attendait, campant soigneusement sur ses positions, et attendant l'ennemi de pied ferme. Une armée aux couleurs noir et pourpre. Le Maître était là en personne. Son aura maléfique glaçait même ceux de ses hommes qui étaient trop proches de sa tente.
Malgré sa peur, un homme se glissa dans le pavillon. Le chef des hommes que le ténébreux dirigeant avait envoyés en éclaireurs.
-Alors?
La voix impatiente et glacée du Seigneur Noir fit frissonner le pauvre bougre.
-Ils sont peu par rapport à nous. Quelques centaines, mille au plus.
-La fille?
-Aucune. Rien que des individus masculins de prime abord. Mais mes hommes ont repéré des traces de sabot vers le Nord.
Un silence oppressant suivit ces propos. Le Seigneur Noir se passa la main sur le menton.
-Ainsi donc, elle veut passer la frontière...
Il fit signe à l'éclaireur en chef de se retirer, puis il fit appeler son capitaine.
-Dépêchez cinq Traqueurs au Nord, à la frontière. Qu'ils trouvent la fille aux loups. Et qu'ils n'en laissent pas une miette...
-Bien, Monseigneur.

***


Ce soir-là, le camp fut monté sous une pluie battante. Le moral des hommes n'était plus aussi haut qu'auparavant avec le mauvais temps et la mort d'un de leurs camarades aux griffes des Traqueurs. Des ennemis invisibles qui pouvaient leur tomber dessus n'importe quand. Aussi, la garde fut renforcée pour cette nuit.
Seul dans sa tente, Lorens était morose. Il tâchait de ne pas penser au sort qui les attendait s'ils essuyaient une attaque surprise. Il se demandait si Sienna avait déjà bien progressé. Si elle dormait au sec cette nuit. Il tentait d'empêcher le pessimisme de le gagner. Ils s'étaient embarqués dans une entreprise des plus dangereuses. C'était presque de la folie. Leurs ennemis étaient tellement plus nombreux... Si jamais la jeune fille échouait, leur armée serait balayée comme un fétu de paille par un vent de tempête. Ils avaient les loups de leur côté, certes, mais sans l'Elue pour servir d'intermédiaire, comment faire pour se comprendre? Le prince saisit un coussin, et le lança rageusement contre une paroi de la tente. Puis, il enfouit son visage dans ses mains, coudes appuyés sur ses cuisses. Il venait de lancer les derniers braves hommes du royaume dans un bataille qui semblait en tous points perdue d'avance... Qu'est-ce qu'il lui avait pris?


***


Du côté des loups, le moral n'était pas non plus au beau fixe. Marchant de long en large devant l'abri où sa petite meute dormait, sa fourrure blanche dégoulinante d'eau, Cobalt n'était pas tranquille. Il se demandait si Sienna n'était pas trop exposée à un danger important. Le dragon tout d'abord, qui pouvait fort bien en faire un tas de chair sanguinolent s'il refusait de les aider, et puis, il restait toujours des chances pour que les Traqueurs s'en mêlent.
-J'aurais dû l'accompagner...
Akela, qui suivait du regard les allées et venues de son compagnon depuis l'abri creusé sous un rocher où elle se reposait au sec avec les autres loups de leur meute, se leva et vint près de lui. Elle lui donna un petit coup de langue sur le museau.
-Tu sais bien que c'est impossible. On a besoin de toi ici, et les loups ne peuvent aller là bas.
L'alpha la regarda un moment, immobile, puis frotta sa tête contre la sienne, avant de soupirer.
-Tu as raison... Mais je ne peux pas m'empêcher de me faire du souci.
-Tout ce qu'on peut faire pour elle, c'est épauler les humains lors de la bataille pour gagner du temps.
-Je le sais bien...
-Et tu ne pourras pas faire ça en étant malade. Alors viens au sec et cesse de ruminer."
Elle fit demi tour, retournant sous le sapin qui surplombait l'abri sous les rochers, puis s'ébroua pour évacuer l'eau de sa fourrure. Ensuite, elle se glissa à nouveau à sa place. Cobalt resta encore un moment immobile et songeur sous le déluge. Son regard ambré parcourut les alentours. Presque tous les loups du royaume étaient présents, et à ses ordres, si on pouvait voir ça comme ça. Il leva le museau vers le ciel, d'un noir d'encre, et qui semblait déverser toute l'eau qu'il était capable de contenir. Puis, après un dernier léger gémissement impuissant, il alla retrouver les siens au sec.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 7 Déc - 19:04

Ca y est, on approche tout doucement de la fin... Chers lecteurs/lectrices, voici le prochain chapitre! =D Bonne lecture! Wink

17. Front commun.



«Je commence à me demander si les dieux ne sont pas contre nous...
Lorens essuya son visage dégoulinant de pluie.
-Quelle poisse d'avoir déjà plié le camp...
Le prince, flanqué de son général et de ses principaux soldats, alla se réfugier sous un arbre. On lui fit apporter une table, sur laquelle il déroula une carte. On posa une chandelle pour éclairer un tant soit peu, le temps pluvieux n'offrant qu'une faible luminosité.
-Nous y voilà...
Il posa sa main gantée sur la carte, ses cheveux gouttant un peu. De l'index, il indiqua un point.
-Nous sommes ici...
Il remonta un peu son doigt sur la carte.
-L'ennemi nous attend là.
Il réfléchit en tapotant un peu le parchemin usé du bout du doigt.
-Nous allons progresser sous le couvert des arbres le plus longtemps possible. Ensuite, l'armée prendra position devant la forêt, de sorte que notre flanc gauche soit couvert.
Le général Welian lui jeta un regard sceptique.
-Devant la forêt, mon prince? Mais cela coupera toute retraite possible en cas de déroute.
Le jeune homme lui lança un regard aigu.
-Un repli est exclu, parce que nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cette bataille.
Il secoua la tête.
-Nous avons un atout. Avec cette disposition, notre flanc gauche n'a pas grand-chose à craindre des attaques. Pas même des Traqueurs. Et surtout, cela permettra aux loups de progresser sans être vu jusque très près des lignes ennemies.
Welian se permit une petite grimace.
-Etes-vous certain qu'utiliser ces bêtes sera un atout? Que savons-nous d'elles, et pourquoi se battraient-elles?
Un sourire absent vint flotter un instant sur les lèvres de Lorens.
-Parce que l'Elue le leur a demandé.
Sienna... Cela faisait quatre jours qu'elle était partie. Où en était-elle? Il roula lentement la carte une fois que tous en eurent pris connaissance. Puis, reprenant ses pensées en main, il se tourna vers ses hommes.
-Je compte sur vous pour transmettre les ordres aux soldats. Nous allons nous rendre au point dit.
Il s'éloigna en solitaire sous la pluie. Depuis une branche basse de l'arbre sous lequel il avait donné ses ordres, un oiseau bleu s'envola vivement pour disparaître dans les bois.

***


Les loups étaient prêts à partir, eux aussi. Cobalt, seul, attendait que Perle revienne. La louve s'était éclipsée un moment. Elle revint avec un petit oiseau au plumage bleuté qui voletait autour d'elle.
-Alors?
Elle entreprit de leur exposer le plan de Lorens. Rien de bien difficile sur le principe. Le loup blanc s'ébroua, projetant nombre de minuscule gouttelettes autour de lui, et ébouriffant sa fourure trempée.
-Donc, on va suivre à couvert. Comme toujours.
Il rejoignit le reste de la petite meute. Akela lui lécha affectueusement le museau. Ils étaient tous trempés jusqu'aux os, leurs fourrures gouttant et pendant pitoyablement.
-Allez, en route.
Spyder s'étira en bâillant.
-J'ai toujours eu horreur de voyager sous la pluie.
Serris lui décocha un rapide regard.
-Est-ce qu'on a le choix?
Guehjone, qui avait gardé le silence, eut le mot de la fin, tandis que tout le groupe se mettait en marche pour prendre la tête de cette armée de fourrure.
-Pour Sienna...
Cobalt ferma lentement les yeux.
-Oui, pour Sienna...

***


Le trajet fut atrocement éprouvant, aussi bien pour les hommes que pour les bêtes. Les chevaux pataugeaient dans la boue qui clapotait sous leurs sabots à chaque pas, se collant à leur robe et formant une croûte dure et froide en séchant. L'eau trempait tout, rentrant jusque dans les armures de métal ou de cuir des soldats. Des gouttes dégoulinaient aussi bien des cheveux et des barbes des hommes que des crins des chevaux. Tous frissonnaient sous la bise traîtresse du vent, et leurs coeurs semblaient plonger dans une lourde torpeur inquiète, tant le ciel reflétait leur état d'esprit. L'armée progressait en silence. Savaient-ils qu'ils couraient à la mort, ou bien seul le temps maussade leur nouait-il la langue?
Chevauchant en tête, le prince n'était pas de meilleure humeur. Il songeait simplement qu'arriver sur un champ de bataille avec des hommes démoralisés n'était vraiment pas ce qu'il y avait de mieux. Déjà qu'ils ne partaient pas avantagés... Il releva la tête quand un éclaireur revint. Il en avait envoyé plusieurs.
-Altesse, l'armée ennemie campe sur ses positions et nous attend de pied ferme.
Welian intervint.
-Où se trouve-t-elle?
-Nous la rejoindrons vers le milieu de l'après midi.
-De quoi est-elle composée?
-Essentiellement des fantassins, général.
-Des Traqueurs?
-Je n'en ai pas vus.
Le général eut un air réjoui, mais Lorens le ramena bien vite à la réalité.
-Ce n'est pas parce qu'on ne les voit pas que ces créatures sont absentes. Elles sont un atout majeur de notre ennemi. Elles sont sans nul doute cachées, ou alors... elles sont ailleurs.
Il songea à Sienna et son estomac se contracta douloureusement. Mais comment le Seigneur Noir aurait-il pu savoir leur plan? Welian congédia l'éclaireur. Il n'interrompit pas les réflexions de son prince, qui s'était replongé dans le silence.

Comme prévu, ils arrivèrent en cours d'après-midi à l'endroit qu'ils avaient choisi pour la bataille. Ils sortirent de la forêt, comme une longue colonne de fourmis aux couleurs sombres. Si le temps avait été meilleur, ils auraient eu fière allure. Mais là, les étendarts pendaient lamentablement, gorgés d'eau, et éclaboussaient au passage les soldats quand un coup de vent les faisaient claquer. A la réflexion faite, ce n'était pas un peu d'eau en plus qui pouvait aggraver la situation... Chevaux et hommes étaient frigorifiés et trempés, les montures copieusement couvertes de boue.
En voyant le terrain, Lorens songea que cela pourrait difficilement être pire. Hommes et bêtes combattraient dans le bourbier, et le temps ne semblait pas disposé à s'améliorer. A l'horizon, dans la plaine, s'étendait une masse noire et menaçante. L'armée du Seigneur Noir, qui les attendait de pied ferme. Le jeune homme espéra que les loups ne les avaient pas abandonnés, et qu'ils auraient l'intelligence de ne pas manifester leur présence. Nombreux étaient ceux qui lui auraient reproché de se fier à des bêtes, mais que pouvait-il faire d'autre?

Dans les heures qui suivirent, un campement de fortune fut monté, avec plusieurs tentes de soin et d'armement et une pour l'état major. L'armée royale avait pris position dans le creux du coude que formait la forêt. S'ils n'avaient pas à craindre d'attaque sur leur flanc gauche, ils auraient également le risque de se disperser dans les bois en cas de retraite précipitée. De toute façon, une retraite signifierait une défaite inéluctable, car leurs ennemis les écraseraient comme des moucherons.
Les bataillons furent minutieusement mis en place. Une fois que tout fut prêt, on décida d'envoyer un émissaire, avec un drapeau blanc, afin d'exposer leurs exigences. On le fit escorter de deux soldats, afin de ne pas l'envoyer tout seul. Les trois chevaux revinrent au triple galop. Sur leurs dos, leurs cavaliers morts, une flèche entre les épaules. Quand le grondement des tambours retentit, et que l'armée noire se mit en marche vers eux, Lorens fut définitivement convaincu que tout se jouerait là.
-Aux armes! Soyez prêts à combattre jusqu'à votre dernier souffle!
Il eut en réponse le cri de milliers d'hommes, visiblement plus déterminés qu'il l'avait pensé.
-Pour Ridallion et pour le Roi!

***


Sienna tourna la tête et regarda derrière elle. Ils avaient été ralentis. Elle aurait déjà dû ramener le dragon. Figée sur sa selle, son regard se porta au loin. Nerveux, Soupir piaffa. Comme elle, il en avait assez de ce chemin caillouteux qui montait en pente raide. Un soldat s'arrêta et la regarda.
-Dame Sienna? Quelque chose ne va pas?
La jeune fille avait une impression étrange. Un frisson désagréable lui parcourut le dos.
-Ce n'est rien... Juste... un pressentiment.
Elle secoua la tête, et donna un petit coup de talon dans les flancs de son cheval, qui se remit en route d'un pas las.
-Continuons.»

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Lun 8 Déc - 22:51

Suspense, suspense ... j'ai tellement hâte de savoir ce qui va se passer xD
Et toujours la petite réplique râleuse de Spyder \o/

Très bon chapitre comme d'habitude, peut-être mieux que les précédents que je trouvais quelquefois un peu "lourd" à lire ... j'arrive pas à expliquer :/

Mais toujours très bien hein xD
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mar 16 Déc - 20:05

Achevé, mon présssssssssieux! (je sais, on écrit préCieux xD) Allez hop, prochain chapitre plus long, sanglant, et plein d'action! On approche du dénouement Content Have fun Wink

18. Massacres.


Il y eut un ordre donné. Un bref coup de cor. Puis, les deux unités de cavalerie chargèrent au grand galop. Les sabots des chevaux projetaient des éclaboussures de boue noire tout autour d'eux. Certains dérapaient dans la tourbe. Mais maintenant qu'ils étaient lancés, plus rien ne pourrait les arrêter.
Face à eux, l'ennemi se préparait. En première ligne, des fantassins. Juste derrière, deux lignes d'archers. A genoux dans la boue. Une réserve de flèches devant chacun d'entre eux.
Les cavaliers se déployaient dans la pleine en une longue ligne, sur deux ou trois rangées, en rangs serrés. Un véritable mur de poitrails écumants et trempés, tout en muscles et en plaques d'armure. Une charge dévastatrice et meurtrière. A condition qu'elle atteigne son objectif...
Lorens observait de loin, juché sur Subtil. Il avait l'air perplexe. Son général de même. Pourquoi leur ennemi avait-il fait avancer un régiment de fantassins aussi près de leurs lignes, et aussi loin du reste de l'armée noire? Ca ressemblait bien à un suicide, ou alors à une tentative pour les narguer.
Dans la plaine devant eux, les cavaliers se rendirent soudain compte de l'erreur qu'ils avaient commise. Une pluie de flèches s'abattit sur eux. Des flèches à la pointe violette, suitantes de poison... Beaucoup furent fauchés en pleine course, et piétinés par la rangée suivante. Avec un cri de rage, les autres foncèrent droit sur les fantassins qui protégeaient les archers. Et se heurtèrent à des épieux lourds. Les énormes pics de bois avaient été profondément plantés dans le sol alors que les cavaliers fonçaient déjà. Lors de l'avancée des fantassins, les épieux avaient été soigneusement dissimulés au milieu d'eux.
Les premiers rangs ne purent ralentir. Les cavaliers derrière eux l'en empêchaient. S'ils voyaient la mort se rapprocher d'eux, ils le firent avec courage. Le choc fut terrible quand les chevaux de première ligne s'empalèrent sur les épieux avec un hennissement de terreur. Les cavaliers furent jetés à bas de leurs montures, et impitoyablement exécutés. Les autres, en particuliers ceux restés le plus à l'arrière, jouissaient d'une marge de manoeuvre plus importante. Certains parvinrent à passer outre les crocs mortels des épieux, et à tailler dans les rangs des soldats noirs de l'autre côté.
«Qu'est-ce qu'ils font...
Lorens ne comprenait pas. Welian le regarda.
-Majesté?
-Ce n'est pas logique. Quelque chose ne tourne pas rond...
La tentative des cavaliers aurait été bien plus aisées sans les flèches qui continuaient à pleuvoir sur eux. Bien que normalement avantagés, ces derniers subissaient de très lourdes pertes. Le général leva la main, afin de demander à un détachement ou deux d'aller prêter main forte aux hommes qui se faisaient massacrer par de simples fantassins, mais l'héritier du trône lui saisit le poignet.
-Non, général. Ils sont peu nombreux, et je veux savoir ce que notre ennemi mijote. De toute façon, les renforts arrivent...
Welian acquiesça et le laissa à ses réflexions. Et soudain, le prince comprit. Pratiquement en même temps que son second.
-Mais bien sûr! Nous portons toute notre attention sur ces quelques hommes et sur l'armée dans le fond, mais en fait, c'est un piège!
-Le flanc droit!
Alors qu'ils tournaient leur attention à l'endroit dit, un petit groupe de Traqueurs arrivait droit sur eux. Ils avaient dû effectuer un large détour afin de ne pas être repérés en plaine. A moins que ce ne soient les sombres maléfices du Seigneur Noir qui ne les aient masqués à leurs regards... Ce qui était probablement le cas.
Alors que les soldats du flanc droit se préparaient à accueillir ces bêtes cauchemardesques, des hurlements se firent entendre à l'avant. Surgis droit des bois, un peu plus d'une trentaine de loups prirent les fantassins de l'armée noire à revers. Il devait y avoir au moins deux meutes. On ne distinguait des animaux que des traînées de couleur noires, grises ou brunes. Les archers qui avaient causé tant de pertes aux deux détachements de cavalerie périrent sous les crocs des bêtes. Puis, vint la tâche plus ardue de tuer les autres soldats, qui eux, étaient armés pour un combat rapproché. Les cavaliers survivants en profitèrent pour regagner du terrain et prêter main forte aux loups. Sous eux, le sol détrempé changé en bourbier d'un brun sombre presque noir se teintait peu à peu du rouge vermeil du sang, alors que retentissaient des hurlements de douleur ou d'agonie.
Tandis que la bataille s'engageait sur le flanc droit, Lorens ferma les yeux.
-Que les dieux nous protègent... Par pitié Sienna, fais vite...

***


Sienna n'était pas rassurée depuis l'aube. Ils avaient presque atteint leur but. Enfin. Mais un sombre pressentiment étreignait son coeur. Si elle se fiait aux indications qu'elle avait, ils étaient tout proches de là où reposait le dragon. Les cavaliers gravissaient un mont plutôt escarpé, et traversaient une forêt de pins aux aiguilles sombres et à l'air austère. De plus, le chemin tortueux n'était guère au goût des chevaux. Tout cela ne semblait pas encourageant.
Ils allaient commencer à camper pour manger quelque chose quand un hurlement bestial retentit derrière eux, à une distance inconnue, faisant paniquer les chevaux. La jeune fille pâlit, et regarda les trois soldats.
-Des Traqueurs...
Ils devaient leur échapper. Ne sachant pas à combien ils étaient, un affrontement serait du suicide. Et ils ne pouvaient pas laisser tomber le royaume. Elle ne pouvait pas laisser tomber Lorens...
Ils lancèrent leurs montures fatiguées au galop le long de ce chemin pentu et traître. Par chance, les coursiers avaient le pied sûr, mais toutes ces journées de marche les avaient fatigués. Ils ne tiendraient pas longtemps à un rythme aussi soutenu. Au cou de l'adolescente, l'Ame de l'Ange se mit à briller. Sans doute un signe qu'ils approchaient. Mis à part le martèlement des sabots de leurs montures et le bruit qu'ils produisaient, tout était silencieux autour d'eux. Dangereusement silencieux.
Les bêtes arrivèrent sur eux de manière soudaine. Ils étaient encore derrière, mais finiraient pas les rattraper. Deux des soldats décidèrent de s'arrêter pour les affronter. Ces bêtes atroces étaient quatre. Et personne ne savait s'il y en avait d'autres.
-Non, ne vous arrêtez pas!
-Continuez, dame Sienna. Si nous ne les arrêtons pas, nous pourrons au moins les retenir.
Le cavalier resté avec la jeune fille talonna son cheval.
-Venez!
Elle lança Soupir sur les traces du hongre bai que montait l'homme. Il portait toujours son étendard qui claquait au vent produit par leur course, mais qui était handicapant avec les branches basses. Aussi, le soldat s'excusa et décida de s'en défaire. Derrière eux, ils entendirent le bruit du métal qui frappait, ainsi que des cris. Ils avaient déjà pris de l'avance quand ils entendirent le cri d'agonie d'un homme, ainsi que le hennissement terrifié d'un cheval. Sienna ferma les yeux, qu'elle avait pleins de larmes.
-Ils ne laisseront même pas les chevaux en vie... Ils vont les massacrer...
Et nous aussi si nous ne continuons pas. Je vous en prie, faites qu'ils n'aient pas donné leur vie en vain! Vous êtes notre seule chance!
L'adolescente inspira un bon coup pour se donner du courage.
-Vous avez raison.
Elle décida de se fier à l'Ame de l'Ange pour se diriger.Ils n'entendaient plus rien maintenant. Le silence devenait presque pesant. Le hongre du soldat dérapa dans la pente. Sa robe poussiéreuse était blanche d'écume, et il bavait. Soupir était à peine en meilleur état. Ils furent contraints de remettre leurs montures au pas au moins pour un moment, pour leur permettre de souffler un peu. Ils peinaient à grimper, et avaient les naseaux dilatés par l'effort.
-On va devoir les forcer à nouveau. Ce serait terrible s'ils avaient un coup de sang, mais si on veut survivre, nous n'avons pas le choix.
Bientôt, ils durent talonner leurs montures à nouveau. Les pauvres bêtes étaient tellement éprouvées qu'elles rechignèrent à accélérer, mais finalement, elles prirent un petit galop qui semblait leur coûter à chaque pas. De la bave dégoulinait de leur bouche tant elles maltraitaient leur mors.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mar 16 Déc - 20:05

Le Traqueur leur tomba dessus quelques instants plus tard, la gueule et les pattes encore maculées du sang de ses précédentes victimes. Sa proximité sembla décider les chevaux à dépasser leurs limites. Fous de terreur, ils semblèrent oublier leur épuisement pour mettre le plus de distance possible entre eux et le monstre. Ils purent se rendre très vite compte que les trois autres bêtes étaient très proches elles aussi.
Le chemin devenant pierreux, les chevaux dérapèrent un peu. Les Traqueurs gagnaient inexorablement du terrain. Aussi, comme ses compagnons avant lui, le soldat fit volter sa monture pour leur faire face.
-Je vais vous donner du temps, dame Sienna. Nous sommes proches. Tout le monde compte sur vous. Fuyez!
Sienna voulut tout d'abord l'aider, mais il avait raison. Si elle mourrait, tout serait fini. Le visage de Lorens s'imposa un instant à son esprit, et elle fit avancer Soupir, ne voyant qu'une fraction de seconde le gros mâle noir bondir vers l'humain imprudent et sa monture.
Elle se laissa guider par l'Ame de l'Ange. Il faisait de plus en plus froid, et la forêt se faisait de moins en moins touffue à mesure qu'ils prenaient de l'altitude. Elle ne put s'empêcher de fermer les yeux en entendant l'horrible hurlement que lança le soldat lorsque les monstres eurent raison de lui. En frissonnant, elle se dit qu'elle était à présent seule face à eux.
La cavalière et sa monture éreintée atteignirent enfin le haut du col. Il n'y avait pas beaucoup de végétation, et cette fois ci, le chemin descendait en pente assez raide. Plus loin en contrebas, à une altitude malgré tout plus que respectable, on pouvait distinguer l'entrée d'une grotte. Le pendentif magique au cou de l'adolescente se mit à scintiller avec plus de force. Son but se trouvait juste devant elle. Il lui suffisait de descendre.
Aussi, elle fit attaquer la pente à Soupir, mais en le laissant au pas. L'étalon soufflait péniblement, mais continua bravement sa route. La jeune fille chercha du regard un quelonque cours d'eau où il pourrait s'abreuver rapidement, mais elle n'en vit aucun.
-Je suis désolée mon beau, mais il va encore falloir que tu donnes le meilleur de toi...
Ils avaient pratiquement atteint le milieu de la descente caillouteuse, au chemin tortueux et inégal, quand Sienna entendit une sorte de grondement insolite derrière elle. En se retournant sur sa selle, elle vit le Traqueur le plus rapide qui les avait poursuivis. Il la fixait de ses yeux jaunes sans pupilles, avec l'air de savoir qu'il l'aurait. La satisfaction de voir qu'il était blessé ne fut que de courte durée. Une fois de plus, elle lança sa monture au galop. Sur un terrain pareil, c'était un suicide quasi certain. Cependant, ne pas forcer l'allure était se jeter dans les bras de la mort.
Le monstre poussa un hurlement pour prévenir ses congénères, qui lui répondirent de la même manière. Ils n'étaient pas loin. Ces cris rauques qui ne ressemblaient à rien de connu eurent pour effet de paniquer totalement l'étalon qui dévala la pente au galop, puisant dans ses dernières forces.
Ils atteignaient à nouveau du plat quand Soupir posa le sabot dans un des nombreux trous qui jalonnaient le chemin. Il se tordit la patte, qui émit un horrible craquement, alors que l'animal comme sa cavalière étaient projetés à terre. L'adolescente vida les étriers, et roula sur le sol tandis que le hennissement de douleur de sa monture lui vrillait les tympans. Elle rouvrit les yeux et se releva en titubant. Soupir, paniqué, tentait en vain de se relever alors que le Traqueur fonçait déjà sur lui. Sans réfléchir, la jeune fille lui envoya une boule de feu. Décuplée par l'Ame de l'Ange, elle carbonisa le monstre sans difficulté. Sienna alla rejoindre sa monture. L'animal avait l'antérieur cassé. Incapable de se relever, c'était une mort certaine pour lui. Il tentait encore de se relever, sans succès. Les larmes aux yeux, elle récupéra quelques petites choses nécessaires dans les bâts de son cheval, avant de se relever. Elle devait rejoindre la grotte.
Elle avait parcouru plus des deux tiers du chemin lorsque les hennissements terrifiés de l'étalon la firent se retourner. Les trois autres Traqueurs dévalaient la pente. Une femelle, plus petite, fine et rapide, fondait déjà sur l'animal blessé. Sienna se mit à courir, ne cherchant pas d'autre raison de filer. L'Ame de l'Ange lui indiquait de rentrer dans la grotte, dont l'entrée noire comme la nuit l'attendait plus loin. Seulement, les monstres étaient beaucoup plus rapides qu'elle... A chaque pas, il lui semblait sentir le souffle de ces créatures de cauchemar sur ses talons.
Elle trébucha une ou deux fois, puis parvint enfin à l'entrée de la grotte. Elle regretta immédiatement d'y être entrée. Il y faisait plus noir que lors d'une nuit sans lune, et mis à part la lueur vive diffusée par le pendentif magique, rien ne permettait à Sienna de savoir où elle mettait les pieds. Ses poursuivants, en revanche, avaient une excellente vision nocturne.
Elle marcha sans voir où elle allait, butant parfois contre un rocher, incapable de se diriger. Elle aurait pu tenter d'utiliser les pouvoirs de son pendentif pour y voir clair, mais elle avait peur d'aider les Traqueurs en faisant ça. De plus, elle doutait d'elle. Un mélange de grognements et de grondements lui indiqua que les monstres étaient arrivés à l'entrée de la grotte.
Elle se mit à courir dans le noir, sur une distance qu'elle ignorait. Elle entendait le bruit des griffes antérieures des créatures racler la pierre du sol. L'odeur d'humidité la prenait à la gorge. Le pire dans tout ça, c'était l'écho qui l'empêchait de savoir la distance qui la séparait de ses poursuivants. Elle buta finalement contre quelque chose de dur, et manqua de tomber. En y appuyant les paumes, elle se rendit compte que c'était un mur en pierre. Un cul de sac! Comme si elle avait eu besoin de ça...
Elle martela le mur de ses poings, éperdue, sentant son destin scellé. Les larmes lui montèrent aux yeux, quand elle pensa au sort de tous ceux qui dépendaient d'elle. Et par sa faute, Lorens allait mourir... Elle retint ses larmes et baissa les yeux sur l'Ame de l'Ange.
-Stupide collier, tu m'as emmenée dans une fausse direction!" siffla-t-elle entre ses dents.
Elle se retourna pour faire face aux Traqueurs qui la trouveraient sans aucun doute possible à présent.
Il lui fallut peu de temps pour distinguer l'éclat irisé des prunelles des bêtes infernales devant elle, à quelques pas à peine. Les créatures, la trouvant aussi démunie qu'un oisillon tombé du nid, poussèrent un cri de triomphe. Ils foncèrent droit sur elle, alors qu'elle prenait son épée, espérant au moins défendre un peu sa peau face à ces monstres redoutablement pourvus. Alors qu'ils étaient presque sur elle, un miracle se produisit.
Sans qu'elle en connaisse l'origine, un éboulement se déclencha, et s'abattit sur les Traqueurs, qui périrent en un glapissement de peur. Elle resta figée un moment. Rien ne bougeait. Elle n'osait croire à sa chance. Pourtant, elle n'était pas à l'origine de cela, n'ayant pas utilisé de magie. Méfiante, elle osa s'approcher un peu. Elle tâta de la pointe de l'épée le bout du museau reptilien d'une des créatures qui dépassait de sous l'imposant rocher qui avait causé sa mort.
Le rocher en question avait une forme bien proportionnée et régulière, qui intrigua la jeune fille. Elle décida de l'observer de plus près. En posant sa main sur la surface de la pierre, elle trouva une sorte de motif régulier. En regardant de plus près, à la lueur de son pendentif, elle put les distinguer. Elle fit subitement un bond en arrière avec un cri. Des écailles! Les Traqueurs gisaient écrasés par une grande patte griffue. Ce qu'elle, dans le noir, avait pris pour un rocher, était en fait une patte et un bras qui devait faire au moins trois fois sa taille!

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mer 17 Déc - 23:25

C'est triste, sanglant, bourré de suspens ...
J'adore Taré

Surtout la fin ! Enfin ce cher dragon que tu nous avais promis !
La suite ! La suite !

Non je n'ai aucune critique à faire
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Sam 25 Avr - 22:10

On approche de la fin...

19. Dernier espoir.


La pluie avait cessé. Le vent, lui, balayait encore la plaine, agitant les étoffes des étendards brisés qui étaient plantés au milieu des amoncellements de corps. Tout était silencieux, alors que le ciel étoilé demeurait invisible, masqué par des nuées obscures et menaçantes. Pas un mouvement sur la plaine. Comme si la mort venait d'en faire son royaume.
La respiration sifflante, le jeune homme avait l'impression que ses poumons s'étaient déchirés. Il arracha son bras au bourbier collant de terre boueuse et de sang mélangés au prix de lourds efforts, et s'essuya les yeux. Ses paupières étaient collées par le sang qui y avait coagulé. Cette absence de mouvement n'était pas bon signe. Il ne voyait pas distinctement. Comment savoir ce qui se passait? Il resta immobile, rassemblant ses forces. Il devait faire nuit, mais les ténèbres étaient terriblement opaques. Il ne voyait que les choses très proches de lui. Ce qui incluait le bout de lance brisée plantée dans son abdomen. Il ferma les yeux, afin de se reposer un peu.
Au bout de plusieurs longues minutes, il parvint à se retourner sur le côté dans un râle. Ramper. Il devait ramper. Retrouver les siens, son armée. Il ne pouvait pas mourir ici. Pas maintenant. Elle l'attendait dans son village. Oui, il allait s'en sortir, et ils se marieraient au printemps, comme c'était prévu. Son gantelet se referma sur quelque chose de dur, tandis que ses pieds butaient contre un corps. Il avait conscience d'ête couché au milieu des cadavres. Le son cliquetant que produisirent ses bottes en rencontrant les étriers de métal lui apprirent qu'il s'agissait de son cheval. Réflexion faite, oui. Il se souvenait. La charge, le choc, la douleur, la chute. Le noir.

Ouvrir les yeux. Il devait se forcer. Voir où il se trouvait, où il allait. S'il avait une chance. Si tous étaient morts. Se repérer. Lentement, il ouvrit les paupières. A peine les yeux ouverts, il sentit la panique le gagner, et son cri de frayeur fut étouffé par le gargouillis du sang qui lui montait dans la gorge. Mais ce n'était qu'une frayeur passagère. Le museau entrouvert qui était pointé vers lui était sans vie. Quelques crocs étaient brisés, sans doute par une armure. Les yeux voilés de la bête exprimaient une souffrance sans nom. Son poing s'était refermé sur de la fourrure encollée par du sang séché. Le coup de taille l'avait entaillé sur le côté, le tranchant presque en deux. L'intimité interne de l'animal était à grand peine contenue dans son corps, comme si elle refusait de se déverser à l'extérieur par la plaie béante. S'il s'était imaginé voir un jour un loup d'aussi près, et éprouver de la compassion pour une bête qui lui répugnait il y a quelques années de cela, le soldat se serait cru fou.
Un rictus nerveux tordit ses lèvres gercées. Un loup, et un frère d'armes. Oui, ils étaient dans le même camp. Et pour une raison qui lui échappait, ces nobles animaux prenaient part à la lutte d'une race qui les exterminait depuis des siècles. Une belle leçon qu'il se promit d'inculquer à ses futurs enfants. Il se retourna sur le ventre. Ramper. Pour sa survie. Sans enfoncer la pointe de lance plus avant dans son torse.
Secoué par un frisson, il se redressa finalement sur les coudes, tenant le buste relevé afin de ne pas aggraver sa blessure. Retirer la lance brisée aurait entraîné une hémorragie mortelle. Aussi, il serra les dents et se mit à ramper. Lentement, pour ne pas se fatiguer. Un mètre après l'autre...
Parfois, il ne pouvait retenir une grimace quand la pointe acérée s'enfonçait plus avant dans ses chairs. Pourtant, il continuait à progresser, mû par son unique volonté. Il savait à peu près où retrouver son armée. Là bas, il serait soigné, enfin...

Soudain, il se figea. Une silhouette avait bougé dans la pénombre. Ami ou ennemi? Il se laissa tomber sur le flanc au milieu du charnier, le souffle court, observant autour de lui. Il fut pris d'une quinte de toux qui lui fit cracher du sang. Ce bruit eut pour effet d'attirer l'inconnu.En le voyant s'avancer, il comprit. Il était condamné.
Chaque geste de l'ignoble prédateur le hurlait. Condamné. Soudainement submergé par la panique, il chercha du regard quelque chose pour se défendre. Condamné. Là, une épée dans la main d'un cadavre. Il se tendit pour l'attraper. Condamné. Les yeux sans pupilles du monstre ne le lâchaient pas alors qu'il avançait d'un pas lent, sans se presser. Condamné. Au moment moment où la main du blessé se refermait sur la garde de l'épée, une patte puissante s'appuya sur son dos. Condamné. La pointe de la lance s'enfonça plus avant et lui transperça le dos. Condamné.
Dans un dernier sursaut d'énergie, il parvint à se retourner sur le dos et à porter un coup à la créature. Condamné. Qui rata, au vu de ses faibles forces. La lame fut déviée et envoyée au loin par un coup de patte. Condamné. Le monstre ouvrit une effroyable gueule pleine de crocs. Condamné. Cette arme de mort plongea vers sa gorge vulnérable. Condamné. Le pauvre hère poussa un cri effroyable quand les crocs s'enfoncèrent dans la chair tendre de son cou. Noir. Mort. Fin d'un espoir.

***


Sur la plaine, le hurlement d'horreur et d'agonie d'un soldat achevé par un Traqueur se fit entendre. Lorens frissonna violemment. Les monstres parcouraient le champ de bataille déserté par les combattants des deux camps, et déchiquetaient le moindre survivant qui se présentait à eux.
Avec la nuit était venue une trêve que leur avait accordé le Seigneur Noir. Sans aucun doute afin de se délecter de leur peur. Le jeune prince avait la désagréable impression qu'il jouait avec eux. Comme un chat avec une souris. Juste avant de la dévorer.
Il s'ébroua pour chasser ces pensées. Son regard d'émeraude se posa sur les hommes réunis autour de lui. Ses plus hauts gradés. La plupart étaient blessés.
«A combien s'élèvent les pertes?
-Un bon quart de nos hommes, voire plus. Sans compter les blessés agonisant dans les tentes des guérisseurs.
Le jeune homme baissa la tête et la secoua, découragé. Il songea à Sienna le temps d'un battement de coeur. Leur seule chance. Leur dernier espoir. Et son unique amour. Etait-elle seulement encore en vie? Il eut un rictus ironique accompagné d'un petit rire douloureux et sans joie.
-Nous ne tiendrons pas jusqu'à la prochaine nuit...

***


Les longs poils blancs de l'échine du loup se hérissèrent alors qu'il contemplait ses congénères amassés au coeur du bois. La plupart étaient haletants, et presque tous portaient des blessures plus ou moins importantes et impressionnantes. Les Traqueurs leur avaient longuement donné la chasse avant de renoncer, appelés par leur Maître afin qu'ils ne se dispersent pas trop.
Lorsque Akela lui donna un tendre coup de langue sur son museau sanguinolent, Cobalt la gratifia d'un haussement de babines, découvrant ses crocs blancs.
-Tu saignes.
-Je sais.
-Laisse-moi m'en charger.
-Plus tard.
La louve soupira, alors que son compagnon les détaillait tous d'un air soucieux. C'était un beau massacre. Au moins trois meutes complètes avaient été anéanties. Et il y avait énormément de blessés, qui ne pouvaient être soignés comme l'étaient les humains. Cobalt baissa le museau, affligé. Si Sienna ne revenait pas vite, ils étaient tous perdus. Il adressa un regard reconnaissant à Akela alors qu'elle pressait son museau contre son épaule, puis il leva la tête, et se mit à hurler à l'attention des étoiles masquées par le ciel voilé. Ce fut une douce mélopée destinée aux courageux disparus, une complainte reprise par les membres de sa meute, puis par tous les autres loups, créant un chant modulé sur différents tons. Un chant puissant, chargé de soulager la peine et d'appeler l'espoir.

***


Malgré la pointe d'exaltation qu'avait ressenti Sienna à la découverte du gigantesque reptile, elle s'était mise à trembler de tous ses membres tant il était impressionnant et menaçant. Elle trembla en particulier quand une énorme tête écailleuse, à la fois massive et effilée, descendit vers elle en sinuant sur un long cou. Le long museau se stoppa à sa hauteur dans un nuage de vapeur qu'il rejeta par ses narines fendues, et, finalement, une paupière aux fines écailles souples se leva, dévoilant une prunelle de saphir aussi brillante qu'une gemme.
En voyant devant elle une humaine, la formidable bête s'était cabrée en poussant un cri terrifiant, faisant trembler les murs de la grotte. Ses pattes puissantes couleur d'ébène s'étaient posées dangereusement près de la jeune fille, alors que le Dragon observait les cadavres des Traqueurs d'un oeil flamboyant de colère.
-Faut-il que tu sois sotte, humaine, pour oser venir me tirer de mon sommeil de la sorte. Songeais-tu pouvoir m'abattre avec ces faibles créatures ridicules?
Sienna nota une certaine raideur dans ses mouvements. Il devait dormir depuis longtemps, en effet. Malgré sa peur, elle prit une inspiration et répondit, alors que la voix de la créature retentissait comme le roulement du tonnerre dans son esprit.
-Vous vous trompez, je suis venue implorer votre aide. Je vous remercie également de m'avoir sauvée des Traqueurs.
Sa voix manquait de fermeté, et son courage vacilla sérieusement quand le Dragon poussa un hurlement furieux en déployant ses gigantesques ailes, autant que l'espace confiné de la grotte le lui permettait, et en faisant claquer ses mâchoires.
-Une telle demande n'a pas lieu d'être! Inutile de l'agrémenter d'un mensonge! Les humains sont fourbes, mauvais, belliqueux et destructeurs! Ton imprudence n'a d'égale que ton ignorance, et tu vas payer pour avoir violé mon sanctuaire!
Aussi vif qu'un serpent, le reptile ailé projeta sa tête droit sur elle, gueule béante, en poussant un grondement à glacer le sang. La jeune fille manqua de s'évanouir de terreur, pensant sa dernière heure arrivée. A son cou, l'Ame de l'Ange se mit à luire soudainement. Le Dragon se heurta à une barrière de magie flamboyante, qui le repoussa en crépitant d'un air furieux et courroucé, en entourant sa porteuse d'éteincelles or et rubis. La créature millénaire poussa un grondement stupéfait en relevant la tête, et observa le pendentif qui luisait encore fortement en produisant un sifflement mécontent.
-L'Ame de l'Ange... Cela ne se peut. Une humaine, protégée par la huitième déesse? Se pourrait-il que tu sois la nouvelle Elue?
Il semblait subitement calmé, sa rage ayant disparu en un instant. Sienna sentait encore son coeur battre furieusement, si fort qu'elle en avait mal aux côtes. Elle remercia intérieurement Akaha de l'avoir dotée du pendentif. Le Dragon secoua ses ailes et laissa échapper un filet de fumée de ses narines d'un air impatient.
-Eh bien, parle! Je t'écoute.
Sienna lui résuma toute l'histoire et la situation, sur un ton hésitant d'abord, puis en prenant de l'assurance. La formidable créature l'écouta avec attention, sans l'interrompre. Quand elle eut fini, il émit un petit grondement.
-La situation m'a l'air à la fois étrange et désespérée. Si je me fie à toi, il semble que mon aide est indispensable pour assurer l'avenir de ces terres.
Il souffla bruyamment par les narines, puis planta son regard de saphir dans le sien.
-Fort bien, Elue. Tu portes la marque d'Akaha, ton coeur doit donc être bon. Tu as ma confiance, et je t'accorde mon aide.
Sienna sentit son coeur faire un bond de joie dans sa poitrine à ces mots. Elle voulut parler pour lui exprimer sa gratitude, mais garda le silence en voyant qu'il poursuivait.
-Toutefois, je pense que je suis en devoir d'user de mon pouvoir pour te vêtir d'une manière digne de ta fonction. Mais sortons tout d'abord, je n'ai pas eu l'occasion de me dégourdir les membres depuis des centaines d'années. Le temps est venu où les mortels craindront à nouveau la colère de Nargoth, Foudre du Ciel.
Sienna n'eut guère le temps de méditer sur le nom du Dragon qu'elle venait d'apprendre, car il s'était mis en marche. Les parois de la grotte renvoyaient l'écho de ses pattes qui produisaient un grondement puissant en martelant le sol. Afin de ne pas être distancée, elle marcha devant lui d'un pas vif.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Sam 25 Avr - 22:10

Parvenue dehors, elle cligna des yeux à cause de l'intensité de la lumière du soleil qui l'éblouissait. Elle se retourna en entendant Nargoth la rejoindre, et put enfin le découvrir pour de bon. Le corps fin, mais musclé, il semblait taillé pour la vitesse. Ses ailes membraneuses étaient repliées sur son dos afin de ne pas le gêner pendant qu'il marchait, sa tête élancée était tendue vers le ciel au bout d'un long cou gracieux comme celui d'un cygne. Il marchait sur ses quatre pattes dont les cuisses des postérieurs étaient plus massives et développées que les muscles de ses bras. Sa queue se terminait par une pointe triangulaire et lui servait de balancier, un peu comme à de nombreux animaux. Il était à la fois imposant et majestueux, et ses écailles d'ébène brillaient au soleil. Alors qu'elle le contemplait, un spectacle à la fois insolite et éblouissant s'offrit à elle.
Les rayons du soleil semblaient faire fondre le noir de ses écailles, qui refluait en le découvrant véritablement. C'était comme donner vie à une statue. La jeune fille en resta béate d'admiration. Il se colorait depuis la tête jusqu'au bout de la queue, se découvrant, offrant ses ailes déployées à la chaleur de l'astre diurne, yeux clos et tête tendue vers les cieux. Peu à peu, les écailles du Dragon se paraient d'un bleu intense, allant de l'indigo à l'azur en passant par le cobalt. Sienna admira le somptueux dégradé de bleu, qui allait du plus sombre le long des écailles légèrement hérissées et plutôt acérées qui ornaient son échine, jusqu'au plus clair au bout de ses pattes. Les griffes et les épines de sa queue étaient d'un blanc pur légèrement irisé, comme des opales. Quant aux larges écailles qui protégeaient son ventre, elles étaient d'une couleur argent parfaite et pure. Le tout scintillait comme des joyaux sous la caresse du soleil, projetant des petits éclats de couleur sur le sol.
Il ouvrit finalement les yeux et s'approcha d'elle, la finesse puissante de son corps semblant être une preuve des prouesses qu'il pouvait effectuer en vol. Ses mouvements étaient souples et félins, calmes et sereins, malgré la masse de muscles imposante qu'il représentait. Un éclat amusé apparut au fond de son oeil quand il s'arrêta devant Sienna, qui avait la bouche entrouverte.
-Tu ne t'attendais pas à cette métamorphose, Elue?
Encore béate, elle secoua la tête, en notant que ses couleurs étaient proches de celles de la déesse louve. Il y avait probablement un lien entre eux.
-Appelez-moi Sienna. Je préfère ça à Elue.
-C'est pourtant ce que tu es. Bon, entendu, Sienna. Ne bouge pas, que je te pare de manière adéquate.
Il lui toucha le front du bout du museau, délicatement, et elle se retrouva dans une tenue à ses couleurs, flambante neuve. Une cotte de mailles d'un blanc argenté, visiblement faite de Mithril, le métal légendaire, collait aux vêtements fins qu'elle portait par dessus, moulant ses formes et la protégeant aussi sûrement que les écailles du Dragon. Une armure de plaques de la même matière et de la même couleur, fine et discrète, tout autant que confortable et légère, complétait la protection de la cotte de mailles, sans déranger le moins du monde les mouvements de la jeune fille. Une cape plus courte que la normale pour lui permettre de bien bouger, d'un rouge flamboyant, était attachée à ses épaules. L'Ame de l'Ange brillait paisiblement à son cou.
-Je ne sais comment vous remercier...
-Plus tard. Pour l'heure, nous avons à faire.
Alors que Sienna se demandait comment elle allait revenir au camp sans monture, Nargoth étendit une de ses ailes au sol afin qu'elle puisse se hisser sur son dos.
-Allez, monte. J'ai envie d'arriver avant que tes amis ne commencent à dépecer l'armée du Seigneur Noir.
-Avant qu'ils ne soient tous massacrés, plutôt. Ils ne tiendront pas longtemps, et le voyage sera long.
Le Dragon eut un petit rire, et déploya ses ailes dont la fine membrane azurée se gonfla légèrement au vent.
-Je suis beaucoup plus rapide que tu ne le penses. Maintenant, accroche-toi
Elle obtempéra et se cramponna à son cou alors qu'ils étaient secoués par une violente embardée au moment où il prit son essor.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Sam 25 Avr - 23:30

j'ai (re)lu il n'y a pas longtemps de la ou je m'étais arreter (sa fait pas mal a lire, d'ailleur-_-) et j'aime toujours autant ta fics. Vivement la suite!
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Jeu 30 Avr - 18:49

Ton style s'est (encore) amélioré je trouve, il y a qqch de différent, on comprend mieux les descriptions et la situation !

Hâte de voir comment tout ça va se terminer =)
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Ven 1 Mai - 2:13

Eh bien, tu vas voir ça très vite... Wink

20. Le dernier assaut.


Acculés. Voilà ce qu'ils étaient. Un nombre dérisoire d'hommes encore debout face à la masse grouillante de l'armée du tyran, qui s'étendait face à eux. Ils s'étaient battus depuis le lever du jour jusqu'à ce moment, où l'après midi touchait peu à peu à sa fin. Les pertes étaient énormes, d'un côté comme de l'autre.
Distrait un instant, Lorens passa les doigts sur l'encolure de Subtil. Son destrier était fatigué, et sa robe était maculée d'écume et du sang de leurs ennemis. Il salivait en mâchant son mors, n'ayant pour seule envie que de s'éloigner de ce carnage organisé. Pourtant, même si tout semblait perdu, son cavalier menait ses hommes jusqu'au bout. Ceux-ci le lui rendaient bien, puisqu'ils s'étaient mis en tête de protéger le jeune souverain jusqu'à leur dernier souffle. Le terrain était devenu une gigantesque tourbe, la terre détrempée n'étant plus que de la boue noire mélangée au sang des hommes et des bêtes qui s'affrontaient, mais par chance, la cavalerie dont disposait le prince était légère, et non lourde, ce qui réduisait sensiblement leur handicap.
Le général Welian, qui arborait une blessure impressionnante le long de la joue, vint lui rapporter qu'un nouvel assaut se préparait face à eux.
"Au point où nous en sommes, inutile de chercher une stratégie. Ils vont chercher à nous liquider très rapidement, aussi, nous allons simplement charger, général. Un choc frontal abrègera tout ceci.
L'autre inclina la tête, puis piqua des deux, lançant son destrier pommelé au petit galop malgré son état de fatigue, afin de faire passer rapidement le message parmi ses hommes. A nouveau seul, le prince tenta d'exclure Sienna de ses pensées. Peine perdue. Il souffrait de ne pas savoir ce qu'elle était devenue. Avait-elle réussi? Echoué? Etait-elle... morte? La reverrait-il? Il embrassa le paysage d'un regard vide, tout en triturant d'un air absent ses rênes rendues poisseuses par le sang qui couvrait ses mains. Il fut tiré de ses réflexions par un cri.
-Là, sur la colline! Le Seigneur Noir!

***


-Alors, comment te sens-tu?
-Glacée.
Nargoth émit un grondement semblable à un rire. Sienna se pelotonna davantage dans le creux de son cou, frissonnante. Loin en dessous d'eux, le paysage défilait à une vitesse vertigineuse, lui donnant la nausée. Le Dragon n'avait pas menti, il était d'une rapidité sans égale. Ils avaient une chance d'arriver à temps, ce qui lui mettait du baume au coeur. Le grand reptile planait tel un rapace, en utilisant les courants aériens pour rester en l'air. De temps en temps, il battait de ses gigantesques ailes pour prendre plus de vitesse.
-Méfie-toi du Seigneur Noir quand tu devras le combattre. Sa magie diabolique est très puissante, je le sens d'ici...
La jeune fille raffermit sa prise sur le long cou de sa monture improvisée, et acquiesça, les yeux clos.
- Tu devras vider ton esprit de toute autre chose que ton désir de le vaincre. Tu as moins d'expérience, mais ton pendentif guidera tes actes.
-Comment savez-vous tout cela?
Nargoth conserva le silence, que seul venait troubler le sifflement du vent. Puis, sa voix puissante résonna à nouveau dans la tête de Sienna.
-J'ai connu le précédent porteur de l'Ame de l'Ange. Mais c'était en d'autres temps, et en d'autres lieux. Et la situation était un peu différente, quoique semblable sur le fond.
-C'est à dire?
Le Dragon soupira.
-Mes efforts n'ont pas servi à grand-chose, finalement, puisque la race s'est éteinte à présent. En ces temps, les loups étaient capables de se déplacer sur deux pattes, et ils maîtrisaient la médecine, le langage et la magie. Leur peuple différait des loups actuels, qui sont leurs lointains descendants, même s'ils sont d'une faiblesse ridicule si on compare. Seul subsiste leur coeur noble, qui n'a pas changé avec les années...
-Si je peux me permettre, comment savez-vous tout cela sur notre monde, si vous avez dormi durant tant d'années?
Un filet de fumée s'échappa des narines de la créature, alors qu'il émettait un petit grondement amusé.
-Je lis en toi comme dans un livre ouvert...
La jeune fille comprit qu'il avait accès à ses souvenirs, et n'ajouta rien, le laissant poursuivre.
-Disons que je partage avec l'Elu un lien assez particulier. C'est comme ça.
Il changea de direction, inclinant les ailes pour se laisser porter par un nouveau courant aérien. Quelques battements d'ailes plus tard, il reprit la conversation.
-Ce peuple ancien était plutôt pacifique. Il préférait la sagesse et la connaissance aux arts de la guerre. En cela, ils étaient relativement proches d'un autre peuple qui semble s'être volatilisé de cette terre. Les Elfes, selon votre langue...
Sienna manifesta à peine sa surprise. En Ridallion comme ailleurs, on prenait magie et Elfes pour de vieilles légendes populaires destinées à amuser les enfants. En tout cas, c'était le cas jusqu'à la venue du Seigneur Noir...
-Les temps devinrent rudes, et ils furent confrontés à un problème de fertilité, alors que des divergences apparaissaient entre les clans. Les humains arrivèrent alors que leur peuple était affaibli et diminué, et les ont tout bonnement exterminés. Certains parmi eux parvinrent à invoquer des créatures d'un autre monde, que vous nommez actuellement Traqueurs, et qui furent des adversaires redoutables et mortels pour les ancêtres de vos loups...
-Leur peuple n'avait-il pas de nom?
-Il est tombé dans l'oubli. On ne touche pas aux morts.
Le ton employé fit frissonner l'Elue aussi sûrement que la mordure glacée du vent.
-Mais les humains avaient fait une grossière erreur. Si leurs adversaires étaient d'un naturel calme et pacifique, ils n'en étaient pas moins de redoutables combattants. Une guerre s'engagea, inégale. Alors, l'Elu choisi parmi ce peuple par la déesse Akaha afin de sauver les siens vint implorer mon aide. Durant la bataille, j'ai massacré sans pitié le moindre soldat humain, après avoir vu ce qu'ils faisaient subir à cette race qui leur était étrangère. Ils tuaient tout, mâles, femelles, petits et doyens, sans distinction aucune. Quant à tout le savoir conservé dans des parchemins et rédigés dans un langage connu de ce seul peuple, il disparut en même temps que le support sur lequel il figurait, et qui fut brûlé. Il me semble qu'après mon passage, les hommes se sont mis à haïr la magie, pour l'enterrer ainsi dans leurs souvenirs pour la reléguer au rang de légende pour enfant. Toujours est-il qu'après cela, j'ai juré de ne jamais venir en aide à cette espèce barbare et lâche.
-Mais vous avez changé d'avis.
-Uniquement parce que la déesse t'accorde sa protection, et son soutien. Mais les temps ont changé. Qui sait, c'est peut-être également le cas des humains. Tu n'es pas mauvaise. Il doit bien y en avoir d'autres comme toi. Et puis, si les Traqueurs sont de retour, je sens que je vais bien m'amuser. C'est un grand plaisir de les exterminer.
Sienna frissonna. Elle songea à Lorens et aux loups, aux prises avec les Traqueurs et toute l'armée ennemie.
-N'y a-t-il pas moyen d'aller plus vite?
En guise de réponse, Nargoth rejeta la tête en arrière avec un rugissement enjoué.
-Tiens-toi bien, lui lança-t-il alors qu'il effectuait une brutale accélération.

***


Le choc des deux armées avait été terrible. L'apparition du Seigneur Noir avait galvanisé ses hommes et désespéré les défenseurs du royaume. Néanmoins, il ne sembla pas manifester l'envie de prendre part aux combats qui faisaient rage dans la plaine, se contentant d'observer en silence. Cela avait rassuré les Ridalliens, qui avaient continué à se battre avec courage. Leur joie fut cependant de courte durée, car le tyran avait appelé à lui une créature capable de changer la donne. Avide de sang et excité par le combat, le Grondeur avait rassemblé une meute de Traqueurs plus imposants encore que les autres, et avait dévalé la colline pour se jeter droit dans la mélée.
Jamais encore on n'avait vu de Traqueur aussi terrifiant et monstrueux. Dépassant ses congénères d'un bon pied au niveau du garrot, il était également plus long et plus massif, ses muscles se devinant aisément sous son pelage d'un noir de jais. Sa crête avait une couleur flamboyante, partant du violet sombre jusqu'au orange dans un dégradé de toute beauté, montrant bien son statut de chef par les atours de son corps. Sa gueule, plus effliée que celle de ses congénères, possédait une légère protubérance pointue, et était recouverte d'un pelage violet sombre. Ses yeux dénués de pupilles étaient d'un rouge sang éclatant, tout comme l'étaient les pics acérés et empoisonnés qui ornaient sa queue. Cette dernière se terminait par des piquants formant presque un trident, les plus longs pics étant de couleur rouge, les plus courts bleu vif. Ses serres antérieures, recouvertes d'écailles violettes, et aux griffes vermeil, semblaient capables de broyer le crâne casqué d'un soldat sans le moindre effort.
Malgré ses couleurs éclatantes, on l'avait rapidement perdu de vue au milieu de cette marée de soldats, mais il était évident pour chacun qu'il opérait des ravages sur son passage. Et il avait un but: trouver l'héritier du trône, et l'éliminer.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Ven 1 Mai - 2:15

Ce dernier justement, se battait au milieu de ses hommes. Même si ceux-ci se débrouillaient pour le protéger, le prince se révéla être largement capable de se défendre seul. Bretteur émérite, il était même redoutable, et se taillait un chemin dans la masse sans trop de peine. Son cheval piétinait les cadavres alors qu'il fauchait les ennemis qui passaient à sa portée. Malgré son bras qui criait grâce, il ne faiblissait pas. Il esquiva de justesse un coup de lance capable de l'embrocher en écartant l'arme du plat de son épée, et se saisit de la hampe avant de la tirer brutalement à lui pour désarçonner le cavalier ennemi. Il n'eut pas à se donner cette peine, car son adversaire vida les étriers, son cheval s'étant cabré, terrifié par un loup qui s'était jeté entre ses jambes. L'homme eut à peine le temps de hurler avant que deux loups se jetaient sur lui, au moment même où il venait de toucher le sol.
Soulagé, le jeune homme se retourna pour faire face à un nouvel ennemi, mais il se retrouva face à la gueule béante du Grondeur. Il fut obligé de se jeter sur le côté, à bas de son cheval. Il atterrit dans la boue, et se releva aussi vite qu'il en était capable, arme au poing, alors que le grand monstre lui tournait autour, et que sa monture paniquée fuyait le combat. Il observa le chef des Traqueurs qui approchait, les griffes de ses serres collant à la bourbe. Puis, sans crier gare, le monstre passa à l'attaque. Le prince lui présenta la pointe de son épée, avec dans l'intention de la lui ficher jusqu'à la garde dans le poitrail, mais la lame fut écartée d'un coup de patte comme une vulgaire brindille, alors que le jeune homme était projeté à terre. Dépourvu de bouclier pour se protéger, il eut tout juste le temps de lever son bras gauche afin de protéger son visage avant que la mâchoire de l'infernale bête ne se referme dessus.
Ce furent les plaques de son armure et sa cotte de maille qui le sauvèrent de l'empoisonnement. Il voyait le liquide mortel ruisseler par petites gouttes violacées le long de son armure, pareilles à des gouttes de rosées teintées par un lever de soleil. La pression exercée sur son bras par la gueule de la créature devint vite terrible. Lorens comprit que le Traqueur allait s'amuser avec lui comme avec une poupée de chiffon quand son regard croisa celui, bestial, du monstre. Alors qu'il entendait avec effroi les plaques de métal crisser et se tordre sous la force colossale des mâchoires du Grondeur, il lui plaça son épée contre la jugulaire, afin de lui trancher la gorge. Cela aurait très bien fonctionné sans la masse imposante de fourrure, de peau et de muscles, et il ne parvint qu'à lui infliger une entaille minime.
Alors, le monstre se mit à le secouer comme s'il ne pesait rien, comptant faire durer la torture en brisant ses membres un par un. Les efforts du prince pour se libérer de cet implacable étau s'avéraient vains. Un sinistre craquement se fit entendre alors que son épaule se déboîtait. Sous le coup de la douleur, il hurla alors que sa vision se brouillait. Soudain, la pression sur son bras se relâcha, et il tomba à terre comme un vulgaire tas de chiffons. Hébété par le choc et la douleur, il chercha la raison de ce répit.
Le Grondeur se débattait, un loup au pelage de neige solidement accroché à sa tête, les crocs plantés dans sa chair, ses griffes lui labourant la peau et les oreilles, lui arranchant des touffes de poils complètes. Hors d'atteinte de ses crocs, et des pics venimeux de sa queue, il était en sécurité relative pour le moment. Il finit par lâcher prise, et se dresser debout, la queue droite, poil hérissés et crocs découverts, entre le monstre et le prince.
-Cobalt, non! Il va te...
Il n'eut pas le temps de finir que les ennemis séculaires se jetaient l'un sur l'autre. Impuissant, il ne pouvait que regarder, risquant de blesser le loup blanc s'il intervenait. Cependant, très rapidement, d'autres loups qui lui étaient inconnus s'en mêlèrent. Alors qu'il repartait à l'assaut, Cobalt poussa un aboiement bref. Lorens comprit et s'écarta du combat, cherchant des yeux un endroit où ses hommes étaient en difficulté. Il n'avait que l'embarras du choix.

Rassuré, le loup blanc bondit à nouveau sur le chef des Traqueurs. Même s'ils étaient six loups contre lui, ils n'avaient pratiquement aucune chance. Ses mâchoires se refermèrent sur l'épaule musculeuse, et le goût abject du sang du monstre lui emplit la gueule. Le seul avantage que possédaient les loups dans cette lutte inégale, était qu'ils pouvaient user de leur rapidité et de leur intelligence. Malheureusement, cela ne fut pas suffisant. Alors que le Grondeur se débattait comme un dément, ne parvenant pas à tuer tous les loups qui le harcelaient, il se débarrassa finalement d'un des canidés d'une violence ruade, et lui enfonça le crâne d'un coup de queue. Cobalt sentait sa prise faiblir, et il fut forcé de lâcher pour se mettre en sécurité un instant. Il vit alors sa soeur foncer sur le montre, qui avait encore tué deux nouveaux loups.
-Spyder! Reste en dehors de ça!
La jeune louve s'immobilisa à distance raisonnable du Grondeur.
-Je peux me battre!
-Pas contre lui, il est trop fort! File!
A sa plus grande surprise, elle n'insista pas et obéit. Il n'attendit pas plus pour s'élancer sur le flanc du monstre. Cette fois, ils s'affrontaient seul à seul. Avec une rapidité déconcertante, le grand Traqueur déroba son flanc à l'attaque, et cueillit le loup blanc d'un coup de patte. Le pauvre crut qu'on lui arrachait la mâchoire sous le choc. Sonné, à terre, il se remit debout sur ses pattes tremblantes, regardant la créature s'approcher. Il était déjà en sang, en avait perdu une belle quantité, et ses forces s'étaient rapidement amenuisées dans cette lutte contre le Grondeur. Cette fois, il ne pourrait échapper aux crocs venimeux. Alors, un éclair de fourrure grise passa devant lui. Le loup bondit à la tête du Traqueur pour le protéger. Passé l'instant de surprise, le monstre reprit le dessus sans mal, alors que Cobalt, horrifié, s'était relevé.
-Guehjone!
Son hurlement accompagna celui de son compagnon de meute quand les crocs venimeux se refermèrent sur sa patte postérieure, la broyant dans un craquement sinistre et écoeurant. Puis, la créature le jeta en l'air comme les jeunes loups le faisaient, avec des souris qu'ils tuaient, pour s'amuser. Le choc fut si rude que Guehjone eut la nuque brisée en un instant, et put au moins bénéficier d'une mort rapide, sans les affres de l'agonie causée par le poison. Il retomba à terre, comme un pantin désarticulé, mort.
Tétanisé par la scène, Cobalt n'eut pas le temps de réagir quand la gueule sanglante du Grondeur se referma sur son flanc. La douleur explosa, le venin se répandit dans ses veines, et son bourreau l'envoya valser dans les airs en le rejetant brutalement de côté. Le choc quand il rencontra le sol résonna dans son crâne. L'effet du poison du chef Traqueur était fulgurant. Déjà, les membres du loup étaient agités de tremblements incontrôlables, alors qu'il était pris de convulsions, les muscles raidis. Cobalt avait l'impression d'avoir du feu dans les veines. Trop épuisé pour réagir alors qu'il imbibait le sol boueux de son sang, il vit le Grondeur disparaître dans la masse, sur les traces de sa proie perdue. Doucement, il ferma les yeux.
Un petit souffle de vent vint lui prodiguer comme une dernière caresse dans sa fourrure alors que ses pattes étaient agitées de spasmes incontrôlables. La dernière chose qu'il vit avant de laisser retomber définitivement ses paupières fut une plume bleue qui tombait lentement vers le sol, en virevoltant au gré de la brise. Le vent vint lui souffler une douce parole réconfortante à l'oreille, alors que tout devenait confus autour de lui.
Ton rôle n'est pas terminé...

***

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Ven 1 Mai - 2:16

Lorens n'en pouvait plus. Après avoir fui le Traqueur monstrueux, il avait erré sur le champ de bataille, tenant son bras blessé contre lui, à la recherche de quelqu'un qui pourrait lui remettre en place son épaule démise, tuant malgré tout les ennemis qui se présentaient à lui. Finalement, il avait récupéré le petit cheval alezan brûlé d'un adversaire tué, et s'était hissé tant bien que mal en selle. Ses jambes ne le portaient plus, et son bras valide tremblait, épuisé. La lame de son épée dégoulinait de sang. Partout autour de lui, c'était la tuerie. La nausée lui nouait le ventre devant ce carnage, et ses oreilles bourdonnaient du tintement des armes, des hurlements de rage et des cris de blessés. Il fallait que tout cela finisse.
Alors qu'il implorait les dieux de leur venir en aide, une boule de feu s'écrasa parmi les rangs de leurs ennemis, créant la panique. Toute l'attention se tourna subitement vers le ciel, figeant les combats. Crevant le ciel sombre et voilé, une imposante mais gracieuse silhouette bleutée descendait en piquée vers le lieu du combat. Quand un nouveau jet de flammes s'abattit sur l'armée du Seigneur Noir, un espoir grandissant naquit dans le coeur des défenseurs du royaume. Une bouffée de chaleur envahit la poitrine du prince, alors que le Dragon freinait sa chute pour pouvoir se poser. Sienna avait réussi.
Il sursauta quand on lui toucha le bras. Un soldat-guérisseur s'était frayé un chemin jusqu'à lui, et lui demanda de mettre pied à terre le temps qu'il remette son épaule en place. Les dents serrées, mais une flamme d'espoir brûlant à nouveau en lui, Lorens obtempéra, sans voir que la silhouette ténébreuse du Seigneur Noir s'était mise en marche vers les armées qui s'affrontaient, ni que le Grondeur se taillait un chemin sanglant dans sa direction.

***


L'appréhension avait élu domicile dans le coeur de Sienna. Comme elle l'avait craint, ils n'avaient pas l'avantage. Combien de ses amis étaient encore en vie? Quand Nargoth se posa, elle ne put cependant pas se pencher plus avant sur la question, et elle se hâta de descendre.
-Ne laisse pas la peur te gagner. Le Seigneur Noir est en marche pour t'affronter. Aie confiance en toi, et tout ira bien.
Elle acquiesça, et le Dragon prit son essor, afin de continuer son combat dans les cieux. Refusant de chercher du regard ceux qui comptaient pour elle, la jeune fille avança au milieu du champ de bataille, droit vers son ennemi, tuant ceux qui s'opposaient à elle avec une froide détermination. Peu à peu, la peur était chassée de son coeur, remplacée par une douce sérénité. Elle usait de l'aide de l'Ame de l'Ange afin d'utiliser la magie comme bon lui semblait, et elle avait presque l'impression d'employer le pouvoir du pendentif depuis toujours.
Au bout d'un temps qui lui parut durer une éternité, et quelques secondes tout à la fois, elle se retrouva face au Seigneur Noir. Il était entièrement revêtu d'une armure de plaques noires, dont le heaume cornu figurait une tête de démon. On lui devinait une haute taille et une corpulence moyenne. Une cape noire était jetée sur ses épaules, attachée par des broches sombres. Une épée était au fourreau à son côté, mais il n'utiliserait pas ce moyen pour se battre. Il était totalement enveloppé par un nuage de ténèbres le masquant en grande partie au regard, et paralysant les coeurs tout en détruisant l'espoir de ceux qui l'approchaient.
Soudain, la jeune fille fut prise de terreur. A son cou, l'Ame de l'Ange se mit à luire puissamment, l'entourant de lumière. Elle sentit la peur la quitter comme elle était venue, et se retrouva, calme et sereine, en position de combat face au tyran. Autour d'eux, un espace s'était naturellement dégagé pour leur duel. Elle sentait le pendentif contre sa poitrine, qui diffusait une agréable tiédeur apaisante en brillant doucement, battant comme un coeur à un rythme calme et posé. Elle expira longuement, ferma les yeux un bref instant, puis les rouvrit pour fixer son ennemi qui n'avait pas bougé.
-Je suis prête... »

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 3 Mai - 2:07

21. Pour Ridallion.



Sienna avait attendu que son adversaire entame la danse mortelle qui allait se jouer entre eux. L'Ame de l'Ange la rendait assez confiante. Cependant, cela n'avait guère duré. Quand le Seigneur Noir avait levé son bras, avec lenteur, ouvrant peu à peu sa main gantelée de mailles noires, la pression autour d'eux s'était accrue. Il avait alors brutalement ouvert la main, et, avant qu'elle n'aie eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait, elle avait été fauchée par une lame d'air qui lui avait coupé le souffle, et l'avait soulevée de terre. Elle s'était relevée alors que son adversaire éclatait d'un rire glacé, tellement terrifiant qu'elle en avait senti ses cheveux se dresser sur sa nuque.
« Alors, c'est ça qui se dresse contre moi?
Il avait ri à nouveau, alors qu'elle reprenait place face à lui.
-Une jeune imbécile sans savoir, et un prince déchu et présomptueux, à la tête d'une poignée d'hommes... Sans parler de ces bêtes insignifiantes.
Sienna s'était retenue de répondre, mais elle s'était tendue comme la corde d'un arc.
-Mais peu importe. Ce soir, ces terres seront réellement miennes. La dernière poche de résistance éliminée, je n'aurai plus à me soucier de tout cela.
Cette fois, la jeune fille était passée à l'attaque. Paume ouverte devant elle, une véritable boule d'énergie s'était créée, d'un bleu clair intense, crépitant d'étincelles, avant de foncer droit sur le tyran. Ce dernier l'avait dévié en levant brusquement un mur de terre. Le projectile magique avait fini sa course en transperçant plusieurs cavaliers qui se trouvaient à proximité. Le Seigneur Noir ne riait plus, mais son ton était glacé.
-Tu veux jouer? Alors, allons-y...
La menace était tellement palpable dans sa voix que l'Elue avait senti son pouls paniquer. La pression sur elle s'était encore accrue, rendant ses mouvements plus lents et difficiles, et elle ne vit que bien tard un véritable dragon d'énergie ténébreuse foncer sur elle, sa gueule ouverte sur ses entrailles crépitantes.

***


Lorens s'était jeté dans la mêlée à peine son bras remis. L'espoir renaissait parmi eux, et ce n'était pas le moment de laisser passer leur chance. Il ne put cependant se retenir d'examiner l'improbable allié que Sienna leur avait ramené. Le Dragon survolait le champ de bataille en opérant de véritables ravages dans les lignes adverses. Il lui arrivait de plonger sur le sol, d'attraper des Traqueurs dans ses pattes puissantes, et de décoller afin de les démembrer tranquillement alors qu'il volait. Il en dévorait certains en partie, et laissait tomber le reste du cadavre, ce qui n'était pas sans poser de problèmes pour les soldats évoluant à terre, car ils devaient veiller à ne pas se faire écraser par une carcasse de plusieurs centaines de kilos.
Le prince eut un léger sourire en le voyant ainsi les défaire des créatures qui leur donnaient tant de fil à retordre, puis son attention fut attirée par des crépitements et des éclats de lumière. Au loin, il aperçut un espace dégagé où deux silhouettes s'affrontaient au cours d'un duel magique. Leur identité ne faisait pas le moindre doute, mais il était impossible de savoir qui l'emportait.
Il fut tiré de ses réflexions par son cheval qui se cabra, alors qu'un soldat tentait de l'attaquer. La réaction nerveuse de l'animal sauva le prince du coup de lance, mais la pointe de l'arme entailla l'épaule de sa monture. Apeuré par la douleur, le petit étalon jeta la tête en arrière en donnant des coups de sabot, dont l'un brisa la hampe de l'arme. Alors qu'il reprenait appui sur ses antérieurs, le jeune homme en profita pour décapiter convenablement son assaillant. Un éclair zébra le ciel, et il se demanda s'il s'agissait d'un orage naturel, ou causé par la magie. Toujours est-il que cela acheva d'affoler sa monture, que l'odeur du sang et la douleur avaient déjà bien apeuré. Il eut les plus grandes peines du monde à le maîtriser. Gêné dans la mêlée par ce cheval paniqué, il résolut de mettre pied à terre, et de l'abandonner à son sort, n'ayant guère le choix.
Il se porta au-devant d'un groupe de tuniques noires qui s'avançaient vers lui. S'ils se figuraient en finir rapidement avec Lorens, ils se trompaient. Le premier mourut, la gorge percée, avant même d'avoir compris ce qui lui arrivait. Le second, armé d'une masse d'armes, parvint à enfoncer le plastron du prince, sans lui causer de dégâts internes cependant. Bon bretteur, le jeune homme parvint à percer sa garde, et il lui transperça la gorge après lui avoir coupé un bras.
Avant de faire face au troisième, il prit la peine d'essuyer le sang qui couvrait son visage du revers de la main. Il frissonna alors que son adversaire lui tournait autour. Les gouttes de pluie dégoulinaient dans son cou, sournoises et glacées. L'autre le feinta sur le côté, et il se fendit pour éviter le coup, avant de lui enfoncer son coude dans le visage. Le craquement qui s'ensuivit laissa supposer qu'il lui avait au moins fracassé le nez, mais il se retourna brutalement et lui donna un coup sur le côté de la tête, lui sectionnant la mâchoire inférieure. Il le laissa agoniser dans la boue en allant à la rencontre des prochains soldats qui s'approchaient.
-Ils sont comme des fourmis, une fois qu'on a donné un coup dans la fourmilière... Teigneux et décidés à en découdre, et il semble en venir sans fin!

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 3 Mai - 2:10

***


Sienna savait bien que son adversaire était puissant, mais elle l'avait encore sous-estimé. Campée face à lui sur ses jambes un peu tremblantes, elle l'observait. Autour d'eux, le sol fumait, l'herbe boueuse brûlée par les assauts magiques des deux combattants. Afin de contrer le reptile de flammes noires qu'il avait lancé sur elle, elle avait dû avoir recours à une manifestation spirituelle équivalente. Un loup ailé constitué d'énergie bleutée l'avait protégée au dernier moment de l'attaque. Puis, le Seigneur Noir avait lancé des lames de ténèbres sur la jeune fille, qu'elle avait dû détruire à l'aide d'un contresort. Elle s'était rapidement rendue à l'évidence: il jouait avec lui, afin de tester ses capacités et son endurance.
-C'est tout?
Elle ne chercha pas à lui répondre, économisant la moindre de ses forces pour le duel.
-Très bien, dans ce cas...
Avec la rapidité d'un serpent qui frappe, des liens constitués de flammes noires surgirent de nulle par, et se saisirent de la jeune fille. Ils l'étouffaient aussi sûrement qu'un gros serpent constricteur.
-Tu t'es assez opposée à moi... Si c'est ça, l'Elue de la déesse, je dois avouer que le pouvoir des dieux s'est amenuisé...
Sienna suffoquait. Des taches rouges brouillaient de plus en plus sa vision. Elle devait rapidement trouver comment riposter... Rassemblant ses forces, elle entoura son corps d'un tourbillon de flammes qui réduisit les entraves de son ennemi à néant. Elle enchaîna immédiatement sur une boule de feu de belle taille, qu'elle envoya sur son adversaire, alors que les flammes qui l'entouraient se dissipaient. L'autre, voyant arriver le projectile incandescent, se couvrit de sa cape. La boule de feu explosa contre le tissu noir dans une gerbe de flammèches, sans lui causer la moindre blessure. Il relâcha sa cape, et son gantelet produisit un cliquetis alors qu'il refermait la main sur la poignée de son épée, sans pour autant la sortir.
-Tu refuses de te rendre, hein? Parfait... Dans ce cas, je ne t'épargnerais pas une mort douloureuse...
En guise de réponse, Sienna souleva un véritable mur de terre, et l'enferma sous un dôme dur et épais, qu'elle entreprit de faire se resserrer de plus en plus...

***


Akela avait dans la gueule le goût persitant du sang de ses ennemis. Elle avait soigneusement évité les Traqueurs tout au long de la bataille, ne tenant pas à mourir, mais elle avait perdu son compagnon de vue, ce qui ne lui plaisait absolument pas. Plongeant entre les pattes d'un cheval, la louve noire se mit en quête de Cobalt. Un soldat tenta de l'embrocher de sa lance alors qu'elle passait, mais elle l'esquiva habilement pour lui sauter à la gorge. Elle le relâcha une fois qu'il eut cessé de bouger.
Elle s'ébroua brièvement, projetant autour d'elle une pluie de gouttelettes écarlates, puis reprit sa course. A chaque fois, c'était pareil. Quand un adversaire l'acculait, ou alors qu'elle brûlait d'envie de s'attaquer à un Traqueur, elle pensait à ses louveteaux. Elle ne pouvait pas les priver de leur mère. Aussi s'appliquait-elle à rester en vie autant que possible. Et elle espérait naïvement que son compagnon en faisait autant.
Elle gronda avec humeur, tout en louvoyant entre les cadavres et les hommes qui s'affrontaient. L'odeur lourde et âcre du sang et de la transpiration se mêlait à celle, entêtante, de la mort et de la peur. Une foule d'autres effluves lui sautaient aux narines, l'empêchant avec efficacité de trouver la trace du loup blanc. Cet instant de distraction faillit lui coûter la vie. Elle glapit en bondissant sur le côté, alors que la pointe d'une lame dessinait une estafilade sanglante, mais heureusement peu profonde, sur son flanc. Elle se retourna vivement afin de faire face à l'humain impudent qui avait osé s'attaquer à elle.
Afin d'éviter de se faire découper en rondelles par les moulinets que le soldat effectuait avec son épée, elle préféra se jeter sur ses jambes peu protégées, afin de réduire son mollet en charpie tout en évitant les coups qu'il lui portait. Une fois qu'il s'écroula avec un cri, elle l'acheva d'une morsure à la gorge. Un de plus à son actif.
Elle s'éloigna en hâte, nauséeuse. Trop de sang. Trop de morts. A quoi cela rimait-il? La guerre était une affaire d'humains. Si les loups avaient eux aussi des armes et qu'ils savaient se battre à leur façon, ils n'étaient pas des tueurs. Ils pouvaient bien tuer un, deux, trois, voire dix ennemis à la suite, mais guère plus. Exterminer une race ou une meute entière, aussi menaçante et dangereuse soit-elle, n'était pas dans leurs habitudes. Non, les génocides étaient une affaire d'humains. Et pourtant, pour protéger les leurs et leurs terres, ils étaient forcés à se comporter comme tels. Des tueurs sans foi ni loi. Aveuglés par le sang. Des humains.

Son attention fut attirée par un éclair blanc dans ce paysage d'un brun boueux. Elle cherchait en vain depuis de longues minutes, et son angoisse croissait en conséquence. Une bouffée d'espoir l'assaillit, et elle partit donc à la suite du loup. Quand elle rattrapa son congénère, elle constata qu'il s'agissait de Spyder. Elle secoua la tête. Avec toutes ces odeurs, elle ne parvenait même plus à faire la différence entre une odeur de mâle, et celle d'une femelle.
-Contente de te voir Spyder.
-Je te cherchais! Il faut arrêter Cobalt!
-Qu'est-ce qui se passe?
La louve noire sentit son coeur se serrer. Son amie la guidait à travers la plaine, cherchant à retrouver l'endroit où elle avait vu son frère se battre.
-Il affronte le plus grand Traqueur que j'aie jamais vu!
Akela manqua de trébucher. Elle regarda sa soeur de meute avec de grands yeux.
-Il est fou?!
-Suis-moi.
-Pas besoin de me le répéter...

Les deux louves escaladèrent un monticule de cadavres, que des soldats avaient empilés en hâte afin de s'en servir comme d'un promontoire pour surplomber leurs adversaires et avoir l'avantage. Elles ne prêtaient guère attentions aux combats qui se déroulaient autour d'elles, pressées de parvenir à leur but. Spyder s'arrêta enfin, dans un espace copieusement piétiné, ou l'herbe verte et grasse présente à l'origine n'était plus qu'un vague souvenir, tant le sol boueux et noir avait été malmené. Les deux louves tendirent la truffe, afin de percevoir une odeur familière.
-Tu es sûre que c'est là?
La louve blanche acquiesça.
-C'est là qu'il était quand je l'ai quitté.
Mais je ne sens pas d'odeur de loup. Juste celle de viande morte.
Akela regarda autour d'elle, et un frisson lui hérissa le poil de l'échine. Elle fit quelques pas, heureuse qu'il n'y ait pas de combat à cet endroit. Le Dragon avait proprement nettoyé cette zone. Finalement, quelque chose attira son attention. Une forme inerte et poilue, relativement proche d'une seconde. Spyder l'avait vu aussi. Elle s'avança vers la forme la plus proche. Maculé de boue et de sang, la fourrure détrempée par la pluie diluvienne, elle contempla le corps sans vie de son frère de meute.
-Guehjone...
Elle leva son regard d'ambre sur la louve noire, qui avançait en direction du second corps. Elle avait l'impression que son coeur s'était arrêté de battre, par peur de ce qu'elle allait trouver. Il était méconnaissable. Son poil, auparavant immaculé comme la neige des montages, était poissé de sang et collé par la boue. Les yeux clos et la gueule entrouverte, il avait les membres crispés. Il était déjà raide.
Ne pouvant croire à ce qu'elle voyait, la louve posa sa patte sur le museau de son compagnon, qui ne réagit pas. Elle s'avança encore, refusant de croire ce que ses yeux lui montraient. Elle le renifla légèrement, mais ne sentit que cette horrible odeur de viande morte. Comme les proies. Mais le loup blanc n'était pas une proie... C'était son compagnon... Et il était...
Non, elle le refusait. Doucement, elle lui donna un petit coup de museau, puis un léger coup de langue sur la joue. Aucune réaction.
-Cobalt, non...
Elle sentit Spyder lui presser l'épaule du bout de la truffe, mais ne se retourna pas. La louve blanche avait elle aussi cette douleur en elle, tout comme sa soeur de meute. Elle venait de perdre son unique frère, alors qu'Akela avait perdu son compagnon.
-Cobalt et Guehjone... Quel malheur a pu...
Elle s'interrompit, la gorge nouée. Voyant que son amie ne réagissait pas, elle décida d'être forte, et de jouer la prudence pour elles deux.
-Akela, on ne peut pas traîner ici. Il suffirait qu'un Traqueur...
Elle ne put terminer sa phrase, car la louve noire avait renversé sa tête en arrière pour hurler son désespoir au ciel que les nuages noirs masquaient. Malgré elle, Spyder fut secouée d'un frisson devant la détresse d'Akela, n'osant même pas mêler son chant de tristesse au sien afin de ne pas le dénuer de son sens.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 3 Mai - 2:11

***


Sienna se figea en entendant le hurlement qui déchira l'obscurité.
-Akela...
Cette seconde d'inattention fut assez pour que la lame d'air de son adversaire lui entame l'épaule. Par ailleurs, elle commençait sérieusement à manquer de forces. Elle faiblissait, alors que son ennemi ne montrait pas le moindre signe de faiblesse. Elle plaqua sa main sur son épaule d'où le sang jaillissait. Elle pouvait essayer de se régénérer, mais cela prenait du temps et lui coûtait cher en forces.
Ce fut le moment que choisit le Seigneur Noir pour sortir enfin son arme. La lame de l'épée, longue et large, était entourée de flammes aussi noires que la nuit. Avec une rapidité surprenante, il fut sur elle. Elle n'eut que le temps de projeter devant elle un bouclier d'énergie avant qu'il ne frappe. Le choc de la lame magique sur sa protection fit trembler son bras, et ébranla sérieusement ses réserves d'énergie qu'elle conservait pour lui porter le coup fatal. Le seul moyen de s'en sortir serait de se montrer plus ingénieuse et plus rapide que lui, de frapper quand il ne s'y attendrait pas. Un seul coup, mortel. Elle n'aurait pas d'autre chance.
Mais pour cela, elle devait être concentrée. Or, comment l'être après avoir entendu ce cri déchirant, chargé de douleur et de désespoir? Cela ne pouvait dire qu'une chose: il était arrivé malheur à des membres de la meute, et pour qu'Akela y mette une telle détresse, il y avait de fortes chances que Cobalt soit concerné.
Alors que son ennemi assaillait sa protection de coups de taille de plus en plus puissants, sans parvenir à ébrécher sa bulle protectrice, faisant crépiter les flammes noires de son épée quand elle rencontrait la barrière invisible de la jeune fille, produisant des étincelles bleues et argent. Sentant qu'elle avait cruellement besoin de quelque chose pour lui accorder du répit, Sienna fit apparaître un tentacule lumineux, qui se saisit du Seigneur Noir par la cheville et le tira brutalement en arrière. Le temps qu'il retrouve son équilibre et tranche le membre surgi de nulle part, la jeune fille avait sorti sa propre épée, qui brillait d'un éclat doré éblouissant, la lame étant comme enveloppée de lumière. Elle n'était pas à l'origine de ce sortilège, mais elle se doutait qu'il serait bienvenu.
-Tu veux jouer avec les grands maintenant? Parfait!
Il s'écarta d'elle, et concentra une grande boule d'énergie noire dans ses mains. Un noir absolu. Comme le néant de la mort. Sienna se hâta de faire de même comprenant que ce sort risquait fort de la tuer, tout comme ceux qui se trouveraient à proximité. Quand il lança la boule d'énergie vers elle, elle fit de même avec la sienne, qui était de taille égale, et d'un blanc pur recouvert de nervures argentées. Le choc des deux énergies fut cependant dévastateur. Une véritable explosion se créa, dont le souffle jeta à terre ceux qui se trouvaient à moins de plusieurs centaines de mètres. La jeune fille avait fermé les yeux pour se protéger de l'éclat aveuglant produit. Quand elle les rouvrit, elle se trouvait avec son ennemi, isolée du reste du monde par un dôme d'énergie magique, blanc nervuré d'argent de son côté, noir de mort de celui de son adversaire, et qui était aussi haut que la voûte d'un temple. Les deux énergies contraires se battaient en crépitant, l'une repoussant l'autre avant que les forces ne s'inversent. Tout allait se jouer maintenant. Il n'y avait plus qu'elle... et lui...

***


Au moment où l'explosion avait eu lieu, Lorens avait relâché son attention, se retournant d'un bloc vers son origine, ce qui avait permis à son ennemi de lui entailler sournoisement la jambe, avant qu'il ne réagisse et ne le tue. C'est alors qu'il était apparu à nouveau devant lui. Le Grondeur. D'un bond prodigieux, la créature avait atterri sur le prince, le plaquant au sol et l'écrasant de sa masse imposante. Alors que sa mâchoire puissante claquait à quelques centimètres du visage du jeune homme, ce dernier lui fit entrer la lame à l'intérieur, comme il l'aurait fait avec un bâton, afin de le repousser en arrière, tenant son arme d'un côté par la garde, de l'autre par la pointe. Le tranchant de l'épée s'enfonçait dans sa chair, mais il ne fit pas attention au sang qui coulait de sa paume dont le gantelet avait été arraché au cours d'un affrontement. Il luttait pour sa vie.
Par ailleurs, il tenait momentanément le gros Traqueur en respect. La créature ne parvenait pas à porter un coup fatal au prince, et la lame qui le repoussait lui meurtrissait la gueule. En revanche, ses serres étaient en train de labourer le haubert de mailles du jeune homme, alors que ses crocs crissaient contre la lame d'acier, qui menaçait de se rompre. Lorens comptait sur sa fidèle épée, forgée par le meilleur forgeron du pays, et réputée indestructible. C'était ce qu'il allait voir.
Il devait parvenir à se dégager rapidement, avant que le monstre ait détruit la cotte de mailles le protégeant, et puisse lui infliger de sérieuses blessures avec ses longues griffes tranchantes. Il augmenta la pression sur sa lame, continuant à repousser autant que possible la créature qui l'écrasait. Son visage était recouvert de bave et de gouttes de poison, qu'il devait essuyer au plus vite avant qu'elles n'entrent dans sa bouche, son nez ou ses yeux, provoquant un empoisonnement. Finalement, alors qu'il sentait ses côtes prêtes à casser sous la pression, il parvint à trouver un appui avec ses jambes sur le ventre du Grondeur, et le repoussa vivement en arrière, alors que le fil de sa lame lui coupait dans la gueule, la mettant en sang sans pour autant lui causer de graves dégâts. Il se releva aussi vite que le lui permettait sa jambe blessée et sa collection de blessures. Il en avait beaucoup, la plupart superficielles, d'autres plus sérieuses, mais il ne pouvait s'y attarder. La plus inquiétante était sans doute le coup d'épée qui lui avait ouvert le côté, la lame ayant passé le haubert déchiré à cet endroit.
Malgré tout, il surveillait attentivement le Traqueur qui lui tournait autour. Il portait des traces de serres sur le dos. De toute évidence, il avait été pris en chasse par le Dragon, et avait réussi à s'en tirer par quelque improbable miracle. Quand la créature passa à l'attaque, Lorens était prêt. Fort de sa précédente confrontation avec le monstre, il se fendit sur le côté afin d'éviter la charge, puis lui porta un coup au flanc, qui ne fit que le blesser superficiellement, mais c'était toujours un début. Le Grondeur chercha alors à lui donner un violent coup de queue, qu'il esquiva assez pour éviter de finir empalé sur les pics en trident, mais pas suffisamment pour éviter de l'avoir en plein ventre, vidant l'air de ses poumons tout en l'envoyant à terre.
Il roula sur le côté alors que le monstre se jetait à nouveau sur lui, buta contre un cadavre, et se releva en hâte, penché pour éviter un nouveau coup de queue. La serre tendue pour lui déchirer le bras rencontra une lame tendue. Agacé que sa proie se défende aussi bien ce coup-ci, le chef des Traqueurs poussa un sifflement furieux. Sa mâchoire claqua... là où le bras du prince se trouvait une fraction de seconde auparavant. La lame siffla dans l'air, et vint lui appliquer une belle entaille dans le cou, coup qui aurait été mortel sans la prodigieuse couche de muscles du monstre.
Le ballet mortel se poursuivit encore un long moment. Alors que la créature tentait une nouvelle fois d'empaler ce jeune homme effronté sur ses piques caudaux, ce dernier prit son épée à deux mains, et lui sectionna la queue d'un coup, en y mettant toute sa puissance. Le Grondeur poussa un hurlement de rage et de douleur, et sa furie suite à ce coup fut telle que le prince ne vit pas venir son prochain assaut. Il reçut le crâne de la créature en pleine poitrine, et s'effondra à terre comme une masse, privé d'air et momentanément sonné, alors qu'il laissait tomber son épée. Cherchant son air, Lorens suffoqua totalement quand il sentit la large serre du Traqueur se poser sur sa gorge et appuyer. Son bourreau, gueule entrouverte, laissait couler des gouttes de poison sur son visage. Au moment où il allait plonger sur sa gorge offerte, quelque chose se jeta à son cou déjà entaillé par la lame du prince. La créature se cabra alors que la prise de la mâchoire de l'animal se resserrait, trouvant peu à peu l'artère vitale au milieu des muscles secs et puissants. Le loup ne gémit pas quand le Grondeur lui brisa la patte antérieure en se jetant sur le côté, l'écrasant contre le sol en se débattant comme un possédé pour se défaire de l'emprise qui l'étranglait peu à peu. Dans sa folie, la créature laboura le corps de l'animal de ses griffes, en vain. Ses forces titanesques s'amenuisaient. Bientôt, il se retrouva couché à terre, vidé de son sang. Alors, le loup se redressa, chancelant et misérable, sa fourrure couverte de sang, aussi bien le sien que celui de son ennemi. Il avait des plaies innombrables, qui laissaient penser qu'il perdrait trop de sang pour s'en sortir. Il tenait sa patte antérieure gauche, brisée, en l'air. Lorens se releva péniblement en se massant la gorge. Son regard croisa celui de l'animal alors qu'il reprenait son souffle.
-Merci...
Cobalt inclina brièvement la tête, avant de se laisser retomber au sol.

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Dernière édition par Silver Wolf le Dim 3 Mai - 2:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 3 Mai - 2:14

***


L'épée de lumière tomba au sol. Autour d'elle, des gouttes de sang vermeil atterrirent lourdement sur le sol, les unes après les autres, formant peu à peu une flaque. Sienna releva les yeux vers le Seigneur Noir, qui venait de lui enfoncer son arme magique dans le ventre. Elle se sentait perdre pied. Un froid intense se distilla en elle, alors que la certitude qu'elle allait mourir montait en elle, prenant possession du moindre fibre de son être. Tout cela avait été vain... Elle avait échoué, et ainsi, elle scellait le sort de tout le royaume, et de ceux qu'elle aimait. Les loups... Lorens... Encore fallait-il qu'ils soient toujours en vie. Elle aurait aimé le savoir, encore, avant de rendre l'âme. Mais ce dôme d'énergie magique l'isolait de tout.
-Je ne suis... pas assez forte...
Elle se sentait seule en cet instant. Seule et faible. Son ennemi retira brutalement son arme de son corps, laissant une giclée de sang inonder le sol détrempé. Elle tomba à genoux, le regard vide, perdu dans le vague. Elle fixa sans le voir son adversaire qui la dominait de toute sa hauteur. Puis, elle laissa retomber ses paupières. Elle n'était que douleur. Douleur, confusion et épuisement. Regrets aussi. D'avoir trahi tous ces gens qui croyaient en elle. Lorens, les hommes de Ridallion, les loups, et même Akaha, la déesse, et Nargoth, le Dragon...
-Pardon... Je vous ai abandonnés...
Soudain, une voix résonna dans son esprit avec la puissance du tonnerre qui grondait hors du dôme magique, au coeur de l'orage.
-Oh non, tu n'as abandonné personne!
Il y eut un choc sourd. Le dôme se mit à crépiter furieusement. Des lambeaux étincelants se détachaient de la voûte, brisant cette bulle qui les isolait du reste du monde. Alors, Sienna le sentit. Si puissant, si vivait. Si plein de magie, de force et de pouvoir. Elle sut ce qui lui restait à faire, alors que le dôme d'énergies contraires s'effondrait.
Rassemblant toutes les forces qui lui restaient, puisant dans celles de Nargoth, qui reprenait son essor au-dessus d'elle après avoir brisé le dôme, elle fit apparaître des lames de lumière argentées, qui entourèrent le Seigneur Noir. Avant que ce dernier n'ait compris ce qui se passait, elles se fichèrent toutes en lui jusqu'à la garde, le transperçant, passant outre son armure comme s'il s'était agi d'une chemise de toile.
-Ca ne suffira pas pour me vaincre! Je vais te...
Dans une décharge d'étincelles, et une brusque explosion de lumière, les lames déversèrent toute la puissance qui avait pu être accumulées dans le corps de la jeune fille via l'Ame de l'Ange, et une partie de l'énergie du Dragon, avant d'exploser définitivement. Du tyran, il ne resta plus qu'un tas de cendres calcinées. Un sourire absent se peignit sur les lèvres de Sienna.
-J'ai réussi...
Et elle s'effondra comme une masse.

***


Lorens peinait à y croire. Tout avait été si soudain. Des Traqueurs, il ne restait plus rien, pas même le Grondeur que Cobalt avait achevé. Quant aux soldats du Seigneur Noir, ils détalaient comme des lapins alors que les rapports de force s'étaient inversés.
Tout avait brutalement basculé après que le Dragon ait atterri sur le dôme magique afin de le détruire à l'aide de ses griffes et de sa puissante mâchoire. Une fois que la barrière se fut effondrée, tous avaient pu entendre l'explosion qui avait retenti, et chacun avait eu l'intime et inébranlable certitude, sans même avoir besoin de le voir, que le tyran n'était plus. A présent, les défenseurs de Ridallion donnaient la chasse aux derniers soldats ennemis, tuant la plupart, faisant occasionnellement quelques prisonniers afin de statuer sur leur sort. Il n'y avait pas que des membres de l'armée initiale du Seigneur Noir, mais aussi des Ridalliens enrôlés de force dans leurs rangs. Peut-être ne méritaient-ils pas la mort, même s'ils auraient dû se joindre à la cause des leurs plutôt que de céder à l'ennemi...
Mais le prince se fichait de tout cela. Maintenant que tout était fini, il n'avait plus qu'une idée en tête: retrouver Sienna. Il avisa une jument pie qui caracolait sur le champ de bataille, affolée et sans cavalier, et l'approcha en douceur, en lui parlant d'une voix douce pour l'apaiser. Elle finit par se laisser approcher, et il en profita pour lui caresser le chanfrein tout en lui murmurant des paroles rassurantes. Finalement, il se hissa en selle, et la lança au galop vers là où s'était déroulé le duel magique.
Une fois arrivé sur les lieux, il fit ralentir sa monture. Dans l'espace fumant qu'avait été le dôme, il n'y avait plus trace de leur ennemi. En revanche, un corps était allongé sur le sol, près d'une épée dont l'éclat magique disparaissait en tremblotant comme la flamme d'une bougie. Soudain paniqué, le jeune homme sauta à bas de son cheval, serrant les dents à cause du choc sur sa jambe blessée, puis il alla jusqu'au corps. Sienna avait une plaie béante à l'abdomen, qui tachait ses vêtements de sang vermeil, pareil à la couleur qu'elle avait choisie pour sienne. Il se mit à genoux près d'elle, et l'attira dans ses bras en douceur.
-Sienna...
Lentement, elle ouvrit les yeux, comme si ce simple effort allait lui coûter la vie. Une ombre de sourire passa sur ses lèvres, alors que sa main s'accrochait au haubert déchiré du jeune homme.
-Lorens...
-Shhht, ne parle pas. Je suis là, tout va bien.
Il lui caressa doucement le front, passant ses doigts dans ses longs cheveux. Ils ne s'étaient pas vus depuis déjà trop longtemps, et ce n'était pas exactement comme ça qu'il imaginait leurs retrouvailles. Au dessus d'eux, la tourmente du ciel s'estompait enfin. L'orage s'éloignait, et on pouvait enfin apercevoir le ciel noir piqueté d'étoiles. La lune baignait le champ de bataille d'un éclat blafard, qui se reflétait dans les écailles du Dragon qui survolait encore la scène du carnage.
-Tu as réussi Sienna! Ridallion est enfin libre, grâce à toi!
-Pas qu'à moi...
Elle toussa. Lorens s'alarmait de la voir aussi faible. Il chercha du regard un guérisseur qui pourrait la tirer d'affaire, car elle perdait énormément de sang.
-Tu saignes...
La jeune fille contempla sa paume écarlate, car elle l'avait posée sur une blessure du jeune homme. Il la rassura.
-Ce n'est rien. Je vais t'emmener voir un guérisseur, tout va s'arranger.
-Non...
-Non?
Un sourire à la fois empreint de tendresse et de lassitude passa sur les traits de Sienna.
-Il est déjà trop tard...
-Ne dis pas ça!
Elle posa sa main sur la joue du prince, son regard dans le sien. Alors, il se pencha sur elle et l'embrassa avec tendresse. Quand leurs lèvres se séparèrent, elle lui caressa la joue, avant de lui murmurer dans un souffle:
-Je t'aime...
Elle rendit l'âme sur ce dernier mot. Lorens sentit son corps se détendre brusquement dans ses bras, alors qu'il niait l'évidence.
-Sienna?
Doucement, il lui passa une main sur le visage, avant de lui prendre le pouls.
-Sienna!
Alors, la vérité s'imposa à lui: elle était morte. Tuée par le coup qu'on lui avait porté, et celui qu'elle avait porté. Sacrifiée pour le bien de tous. Ce n'était pas juste. Sans retenue, le jeune homme laissa couler ses larmes, enfouissant son visage dans le cou de sa belle. Si c'était là la victoire, elle avait un goût bien amer. Ce n'était pas comme ça qu'il l'avait imaginée.
Il resta encore ainsi, à pleurer son amour disparu, quand une bulle lumineuse s'éleva du corps en montant vers le ciel. Une unique bulle argentée. Suvie bientôt par une autre, puis une autre...
Bientôt, ce fut tout le corps de la jeune fille qui scintillait, en s'évaporant vers les cieux en une myriade de petites perles d'argent, pareilles à des étoiles miniatures. Lorens ne put qu'assister à ce spectacle, impuissant, jusqu'à ce qu'il ne lui reste que l'Ame de l'Ange, posé au creux de ses paumes. Le pendentif dégageait une tiédeur réconfortante, et battait comme le coeur rassurant et calme d'une mère qui endort son enfant contre elle. Un battement serein.
Le prince serra brusquement la main sur le pendentif, et se releva d'un bond, oubliant son épuisement et ses blessure, oubliant le sang qu'il perdait et les risques qu'il courait.
-Non, je ne peux pas l'accepter!
Avisant le Dragon qui s'était posé à terre afin de nettoyer ses griffes du sang qui y avait séché, il se dirigea vers lui à grands pas.
-Tout n'est pas perdu... Je veux croire qu'il y a encore un espoir. »

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 3 Mai - 16:40

La suite ! La suite !
(Et vu ton inspiration ça ne devrait pas tarder \o)

Toujours super, hâte de voir la fin >o<
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Ven 8 Mai - 13:32

Bon boulot! Very Happy (je vais me répéter la) c'est toujours aussi bien, mais j'en attendais pas moins de toi ^^
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 17 Mai - 23:42

Avant dernier chapitre pour vous. Enjoy ^^

22. Adieux et retrouvailles.


Akela regardait autour d'elle d'un oeil éteint. Malgré l'air à présent frais, et le ciel dégagé, il semblait que la plaine était toujours emprisonnée sous la lourdeur de la mort. D'innombrables cadavres jonchaient le sol, hommes et bêtes, de tous bords. Les loups survivants s'étaient retirés dans les bois pour se reposer et soigner leurs blessures, alors que les humains encore valides rassemblaient les corps en deux catégories, brûlant les tuniques noires sur de grands bûchers, accomplissant aussi bien que possible les rites funéraires de leurs camarades tombés. D'autres rassemblaient les chevaux qui s'étaient égaillés dans la nature, une fois libérés de leurs cavaliers.
Près de la louve noire, Spyder frottait son museau entaillé avec sa patte. Il saignait encore, mais la blessure n'était pas grave. Le soldat qui avait tenté de lui défoncer le crâne d'un coup de lance avait été attaqué au moment de frapper, et la lame avait été déviée, entaillant simplement le museau de la louve.
A présent, certains soldats alignaient les corps des loups tombés au combat, laissant leurs semblables encore en vie leur rendre un dernier hommage à leur façon. Leur nombre était impressionnant. Selon toute probabilité, il faudrait plusieurs générations avant que l'espèce se remette de la perte immense qu'ils venaient de subir. Akela sentit un frisson lui parcourir l'échine en songeant au nombre de meutes qui se retrouvaient privées de leurs alphas, ou alors des louveteaux qui n'avaient plus de parents. Les siens ne reverraient pas leur père, une fois que la meute rentrerait.

Elle tourna la tête en entendant des pas. Deux loups venaient à eux. Ils étaient recouverts de boue et de sang, mais n'avaient pas l'air trop salement amochés. La louve noire finit par les identifier quand ils furent à quelques pas d'elle: Serris et Perle. La louve rousse avait une partie de l'oreille gauche labourée, et elle aurait sans doute un morceau en moins une fois que cela aurait cicatrisé. Quant à Serris, il était entaillé à l'épaule droite, par un coup de griffe de Traqueur. La plaie était assez profonde, et elle risquait de mettre du temps à se refermer, voire de le laisser légèrement boiteux. En dehors de cela, ils n'avaient que des égratignures sans gravité.
Ce fut Spyder qui se chargea de leur annoncer la mort de Cobalt et Guehjone. Akela était trop profondément murée dans sa douleur pour leur parler. Le petit groupe de loups resta assis à cet endroit, récupérant de leur fatigue et de leurs blessures, observant ce que faisaient les humains avec un air de lassitude presque indifférente. Ils étaient encore tous écoeurés de la sauvagerie du massacre et peinés par les pertes endurées, ne se rendant même pas compte de la beauté du ciel nocturne enfin dévoilé.

***


A l'horizon, le ciel prenait déjà des teintes légèrement gris-rose. L'aube commençait à poindre, peu à peu. Nargoth avait volé en direction de la clairière d'Akaha, obéissant à la demande de Lorens sans protester. Que ce soit la pureté d'âme qu'il avait sentie en lui ou le désespoir qui transparaissait dans sa voix quand il lui avait demandé de l'aide, le Dragon avait décidé de mettre ses prodigieuses capacités à son service. Alors qu'ils volaient à une vitesse considérable, la créature avait même puisé dans ses immenses réserves d'énergie pour guérir les blessures les plus importantes du prince. S'il ne l'avait pas fait, ce dernier aurait eu de grandes chances de périr durant le trajet. Qui plus est, avec un tel homme à la tête du Royaume, la sagesse et la bonté avaient toutes les chances de se propager et de faire renaître le pays agonisant de ses cendres.
De son côté, Lorens n'en pouvait plus. L'attente était insupportable, et il serrait le pendentif de Sienna dans son poing, assez fort pour menacer de le briser. Il était tellement concentré sur son objectif qu'il ne prêtait même pas attention au vent glacé qui lui mordait le visage, ni au paysage qui défilait à une vitesse vertigineuse loin au dessous d'eux.
«Nous arrivons...
La voix de Nargoth résonna dans son esprit, le troublant. Il n'était pas habitué à être concerné par la magie de façon directe, et entendre cette gigantesque créature parler dans sa tête avait de quoi être déboussollant. Le Dragon orienta différemment ses ailes, offrant une autre prise à un courant aérien, et modifia la position de son corps. Il redressa la tête avec élégance.
-Accroche-toi bien!
Le jeune homme n'eut que le temps de se cramponner au long cou massif de sa monture improvisée avant qu'elle ne plonge en piqué droit vers le sol. Il dut fermer à demi les paupières, tant l'air glacé qui sifflait à ses oreilles et lui cinglait le visage lui faisait monter les larmes aux yeux. Le voile de brume matinale qui stagnait sous les nuages se déchira soudain alors qu'ils chutaient comme des pierres, Nargoth ayant ses grandes ailes repliées le long du corps, cou tendu en avant afin d'augmenter sa vitesse. Par ses paupières à demi ouvertes, le prince distingua la vaste étendue de la forêt, qui abritait le sanctuaire de la déesse, s'étaler sous eux, et se rapprocher à une vitesse affolante. La cime des arbres semblait toute proche quand le Dragon effectua une violente embardée en freinant sa chute, ailes largement déployées. Lorens suffoquait à cause du brusque changement de pression, et il manqua de tomber par dessus le cou du grand reptile quand il fut pris au dépourvu par le choc. Par ailleurs, le vent avait tellement ébouriffé ses cheveux déjà rendus humides par les gouttes d'eau en suspension dans l'air qu'il se sentit pris d'un violent frisson. Il passa ses doigts dans ses mèches désordonnées pour leur redonner un tant soit peu d'apparence.
Nargoth descendait à présent par cercles paisibles, se laissant porter par les courants aériens. Sous eux, la clairière de la déesse était visible, et le jeune homme sentit son coeur s'emballer, angoissé. Finalement, le Dragon atterrit dans l'espace dépourvu d'arbres en repliant ses ailes le long de son corps. La terre trembla quand ses pattes puissantes munies de serres prirent appui sur le sol. La créature poussa un grondement satisfait, puis il écarta une aile afin de permettre à son cavalier de descendre. Ce dernier ne se fit pas prier, et se laissa glisser le long de la patte écailleuse, avant de retrouver avec soulagement le sol ferme et sec. Il manqua de tomber, tant ses jambes étaient flageolantes. De toute évidence, il n'était pas fait pour les acrobaties aériennes. Après avoir repris un minimum d'assurance, il se tourna en direction de la petite cuvette qui abritait le bassin où la déesse louve leur était apparue la fois précédente.

Il faisait encore sombre à cette heure. La pénombre régnait en maîtresse dans les bois, et il dut prendre mille précautions pour descendre en direction de l'étang sans s'étaler de tout son long. Les mottes de terre et les cailloux étaient traîtres, mais il parvint en bas sans trop d'encombres. Il jeta un regard autour de lui. Tout était calme. Un léger souffle de vent agitait les feuilles des arbres entourant la clairière. Rien ne venait troubler le paisible silence, mis à part peut-être le hululement solitaire d'une chouette perchée aux alentours. Le jeune homme fut légèrement déçu de ne pas trouver la moindre trace d'Akaha, mais il ne perdit pas espoir. Il prierait nuit et jour s'il le fallait, jusqu'à ce qu'elle l'entende et vienne à lui.
Il s'approcha donc de l'eau. Sa surface sombre était de temps en temps ridée par un souffle d'air, et reflétait la lune et les étoiles qui s'éteignaient peu à peu, à mesure que l'aube progressait. Cet endroit présentait un tel contraste comparé au champ de bataille qu'il avait quitté il y a quelques heures... Tout en ce lieu incitait son âme à la paix. Cependant, c'était impossible. Son coeur brisé s'accrochait à un dernier espoir. Un espoir fou. Lentement, il s'agenouilla près de l'eau, fixant sa surface lisse et noire comme un miroir, l'Ame de l'Ange au creux de ses mains. Etait-il utile de prier la déesse? On ne le lui avait jamais appris. De tous les dieux existant, Akaha était la seule dont le culte était secret, réservé à une élite, un nombre infime. On ne l'appelait pas la déesse cachée, ou encore la déesse de l'ombre pour rien.
Il finit par prendre le parti d'écouter son coeur. Le regard dans le vague, il laissa couler ses paroles de ses lèvres, tel un flot sorti tout droit de son coeur. Il finit même par fermer presque totalement les paupières, emporté par ses propres mots. Il mettait tout son coeur à formuler cette demande. Ils étaient sortis vainqueurs, oui, mais à quel prix? Si tel était le goût de la victoire, il était bien amer. Il passa un temps indéterminé à prier et implorer Akaha. Sans que rien ne se passe. Dans sa main, le pendentif battait de plus en plus faiblement. Comme un coeur agonisant en train de s'éteindre. Lorens y associait le coeur de sa belle, sans pouvoir s'en empêcher,et la signification de cette progressive léthargie de l'Ame de l'Ange le pétrifiait. Il refusait d'admettre qu'il avait perdu celle qu'il aimait. Rouvrant les yeux, il constata simplement que le ciel s'éclaircissait davantage. Le noir d'encre parfait s'était mué en une subtile nuance de bleu nuit. Tout était toujours aussi calme aux alentours.
Le prince était perdu. Y avait-il un rituel à suivre pour inciter la déesse à venir à lui? N'était-il pas digne de la voir une seconde fois? Il était plongé dans ses réflexions quand quelque chose l'en tira brutalement. Il chercha ce que cela pouvait être, car autour de lui, rien n'avait bougé. Et il comprit soudain. L'Ame de l'Ange avait cessé de pulser. A présent, il ne sentait plus le battement régulier contre sa paume, ni même l'agréable tiédeur qu'il dégageait. Peu à peu, le pendentif devenait froid. Comme s'il se mourait en même temps que l'espoir du jeune homme éclatait en morceaux. Alors, il ne put retenir son désespoir. Il frappa des deux poings dans l'herbe humide de la berge, le présent divin toujours étroitement serré au creux de sa paume. Il se sentait ridicule. Ridiculement impuissant.
-Akaha, huitième déesse des cieux, déesse de l'ombre... Je ne sais par quel moyen je puis t'inciter à venir parmi nous. Je ne fais pas partie des initiés qui ont le privilège de te vénérer, mais je te supplie néanmoins à genoux d'accéder à ma requête. J'offrirai mon sang, mon Royaume, ma vie, ou ce que tu demanderas pour la sauver... Je t'en supplie, viens à moi!

D'abord, il n'y eut pas plus de mouvement qu'avant. Puis, une onde parcourut l'eau, faisant frémir sa surface, comme un frisson causé par les paroles désespérées de Lorens. Peu à peu, le bassin s'illumina d'une douce lueur, qui se faisait de plus en plus vive. Le coeur battant à un rythme affolé, le jeune homme s'assit sur ses talons, observant le phénomène. Bientôt, une bulle d'eau de la taille d'une tête s'éleva au milieu de l'étendue d'eau. Dans une explosion lumineuse qui décrut bien vite, la déesse apparut. Elle marcha sur l'eau jusqu'à rejoindre le prince, qui était dans un bien piètre état pour paraître devant un être divin. Il s'inclina bien bas, heureux qu'elle ait accédé à sa demande, craignant cependant qu'il ne soit trop tard.
-Relève-toi Lorens. Chasse ces ténèbres de ton coeur. Ce jour est un grand jour. Vous avez triomphé des Ténèbres et ramené la paix dans ce monde.
Lorens se redressa, osant à peine regarder Akaha, qui était si proche de lui qu'il aurait pu la toucher. En guise de réponse, il leva le poing et lui présenta l'Ame de l'Ange qui en pendait.
-Comment pourrais-je être heureux, si celle que j'aime a perdu la vie en nous sauvant tous?
La déesse secoua sa tête gracieuse d'un air navré.
-Cela n'est pas de mon fait. Elle connaissait les risques.
-Mais nous avons pourtant suivi vos instructions à la lettre... Nous avons rassemblé les loups et les hommes d'armes encore fidèles au roi sous la même bannière, avons réveillé le Dragon... J'ai décidé de reprendre la tête du Royaume, mais je ne puis le faire en sachant que Sienna a perdu la vie.
-C'est pourtant ce que tu devras faire.
Cette phrase et ce qu'elle sous-entendait fut comme un coup d'épée en plein coeur. Il eut l'impression que le sang se figeait dans ses veines, alors qu'il plongeait son regard dans celui de la déesse, le visage défait.
-J'espérais que... vous pourriez la ramener...
-Je ne puis défier Knarr, dieu des morts. Si des vivants passent dans son monde, ils deviennent ses sujets pour l'éternité.
Lorens aurait voulu faire éclater sa rage. Sienna s'était sacrifiée au nom d'un monde qui l'avait rejetée. Elle n'avait connu que le malheur durant toute sa vie, et avait péri alors qu'elle méritait d'être heureuse plus que n'importe qui. Sans elle, jamais Ridallion n'aurait été libre.
Pourtant, il n'eut pas la force de s'opposer à Akaha. Semblant soudain être devenu l'ombre de lui-même, il hocha la tête.
-Je comprends...
En réalité, non, il ne comprenait pas. A quoi bon être un dieu si l'on ne pouvait même pas ramener un fidèle sujet à la vie? S'il se contenait, c'était uniquement parce que toute force l'avait quitté. Toute volonté aussi. Qui plus est, il ne pouvait pas affronter une déesse. Cela aurait été pure folie. Un silence pesant s'installa. La louve continuait à l'observer en silence. Puis, elle parla, alors qu'il se levait et la saluait avec respect, prêt à repartir. Pour aller où, il l'ignorait. Mais fuir. Tout fuir. Et oublier.
-Néanmoins, Lorens, il est en mon pouvoir de ramener ceux qui n'ont pas rejoint le Royaume de Knarr. Es-tu prêt à te sacrifier pour que je ramène ceux qui le peuvent encore?
Le prince réfléchit. Il était prêt à se sacrifier pour Sienna. Si elle ne pouvait être ramenée, tout l'indifférait. Mais pourtant, il restait encore tant de mères, d'épouses et d'enfants qui attendaient en vain le retour de ses hommes tombés au champ d'honneur, qu'il se sentit pris de remords. Quel roi ferait-il, si le sort de son peuple l'indifférait? Aussi, c'est sur cette pensée qu'il se retourna vers Akaha, tête baissée.
-Faites de moi ce que vous voudrez.

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Dim 17 Mai - 23:42

La déesse ferma ses beaux yeux turquoises, puis se retourna lentement vers le centre du bassin. Il s'était mis à bouillonner paresseusement et à luire d'une lueur argentée. Bientôt, une grande sphère de la même couleur, ressemblant fort à une bulle, creva la surface et s'éleva de quelques mètres dans les airs, au dessus de la surface qui redevenait calme, puis se mit à avancer lentement en direction de la rive. A mesure qu'elle s'approchait, Lorens distinguait une silhouette sombre qui y était recroquevillée, comme en position foetale. Parvenue au-dessus de lui, la bulle s'arrêta et resta immobile. Alors, la louve la toucha du bout de l'aile, faisant frémir la surface argentée légèrement translucide.
-Lorens, tu m'as prouvé ta loyauté, et ta droiture de coeur. En dépit de la perte que tu viens de subir, tu agis avec sagesse. Tu seras un grand roi. Aussi, tu as ma bénédiction.
Doucement, la bulle éclata. Le corps qui y était blotti resta en suspension encore quelques secondes, puis il descendit vers le sol. Lorens réceptionna Sienna dans ses bras avant qu'elle ne touche terre. Ses mains tremblaient un peu. Il n'osait y croire. Pourtant, ces longs cheveux sombres, ce corps svelte, ce visage fin... C'était elle. Elle ouvrit lentement les yeux. Le coeur du prince explosa de joie dans sa poitrine. L'émotion lui nouait la gorge au point qu'il pensait ne pas pouvoir parler. Alors qu'elle plongeait son regard d'un bleu limpide dans celui vert émeraude du jeune homme, ce dernier parvint à articuler quelque chose de façon étranglée.
-Tu es là... dit le prince d'une voix faible.
-J'ai sacrément bien dormi, répondit-elle simplement.
-Sienna...
Elle ne comprit pas ce qui suivit. Pourquoi des larmes coulaient en abondance le long du visage de son aimé. Pourquoi elle se trouvait dans la clairière de la déesse. Pourquoi Akaha les regardait avec une expression sereine. Pourquoi il murmurait sans cesse son nom. Pourquoi, lorsque leurs lèvres se joignirent alors qu'il lui donnait un baiser en la serrant tout contre lui, elle sentit un arrière-goût de désespoir. Peu importait. C'était fini. Elle ferma les yeux et passa ses bras autour du cou de Lorens.
La déesse louve ferma doucement les yeux. Une légère aura bleutée l'entoura, alors qu'elle lâchait une phrase dans un souffle, avec une douceur extrême.
-Ce n'est pas tout...
Non, ce n'était pas tout. Sienna n'était pas la seule à avoir joué un rôle, même si elle avait eu le plus important. Elle avait encore un présent à offrir à certains qui avait grandement souffert. Dans le ciel, une pluie d'étoiles filantes se déclencha soudain. Des centaines de traînées de feu légèrement bleutées déchirèrent le firmament zébré des premières lueurs grises de l'aube. Simplement heureux d'être ensemble, les deux jeunes gens laissèrent leur regard s'attarder sur ce spectacle grandiose, loin de se douter que cet événement allait décider du déroulement des prochaines décennies.

***


Depuis un moment, le ciel c'était embrasé. Alors qu'il faisait encore nuit, les lueurs des premiers bûchers avaient éclairci le firmament. Puis, une pluie d'étoiles filantes était apparue, alors que l'aube s'annonçait. Et à présent, le ciel avait pris une teinte rose tendre, alors que les soldats achevaient d'incinérer leurs camarades tombés, selon les rites funéraires de leur culture. Cependant, la beauté de ce jour nouveau placé sous le signe de l'espoir indifférait totalement Akela. Elle et les trois autre loups avaient dormi dans la boue durant le reste de la nuit, trop épuisés pour se traîner jusque dans les bois. Elle fut la première à être réveillée.
Les soldats allaient à présent devoir brûler les corps des loups. Visiblement, ses congénères avaient compris que cela empêcherait les maladies de se propager, et acceptaient ce sort peu conventionnel, après avoir hurlé leur peine. Les poils de l'échine de la louve se hérissèrent. Elle ne voulait pas qu'on la sépare de Cobalt de la sorte. Aussi, elle se mit en marche, décidée à retrouver son compagnon afin de défendre sa dépouille. Elle s'enfonça dans la brume qui planait au dessus du sol sans hésitation, déterminée.
Elle approchait de l'endroit où les humains avaient aligné les corps, quand elle vit une ombre rôder au loin dans la brume, en claudiquant. Méfiante, elle se figea et se tint sur ses gardes. Les lueurs dansantes des derniers bûchers grossisaient la silhouette, lui donnant une taille dangereusement proche de celle d'un Traqueur. Si un de ces fléaux était encore en vie, elle devrait y remédier. Cependant, quand l'inconnu approcha, et qu'elle put le distinguer, elle n'en crut pas ses yeux. Elle mit tous ses sens en alerte. Pourtant, cela ne pouvait être un rêve. Elle sentait vaguement son odeur, elle entendait ses pas. Le loup avançait vers elle, sa patte antérieure gauche en l'air, car elle pendait misérablement, brisée. Il semblait souffrir, mais il était bien vivant.
-Cobalt...
La louve noire ne comprenait pas. Elle l'avait vu mort. Elle avait senti son odeur. L'odeur de la mort, celle de la viande qu'on mange. Et pourtant. Il était là, devant elle. Et elle alla à sa rencontre. Quand elle put enfin le toucher, elle explosa de joie. Sautant autour de lui en gémissant, elle lui couvrait le museau et la truffe de coups de langue pleins de tendresse, battant de la queue à se la décrocher.
-Je te croyais mort! Je t'ai senti mort! Comment est-ce possible...?
Le loup blanc leva sur elle un regard fatigué. Il battit faiblement de la queue.
-Je n'en sais pas plus que toi. Je me souviens de m'être senti partir, puis tout est devenu blanc. J'ai entendu la voix de quelqu'un, une déesse je crois. Sans doute Akaha. Puis, je me suis réveillé, et je suis retourner abattre le chef des Traqueurs.
Sa compagne se figea.
-Tu es fou. Tu te rends compte de la peur que j'ai eue? Du mal que ça m'a fait.
Cette fois, ce fut Cobalt qui lui donna un coup de langue rassurant sur le museau.
-Ne t'en fais pas, c'est fini. Je ne te quitterai jamais plus.
Alors qu'elle se pressait contre lui, il fixa une étoile solitaire, dernière à rester allumée avant que le jour n'arrive totalement et ne la soustrayant aux regards.
-Non, jamais plus... »

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mar 19 Mai - 16:32

Dernier chapitre. Voilà deux ans de travail qui s'achèvent. En espérant que vous avez apprécié Smile

23. Le jour se lève.


Sienna ne pensait pas pouvoir un jour prétendre à un tel bonheur. Vêtue d'une longue robe d'un bleu aussi pur que celui de ses yeux, brodée de fil d'argent, elle chevauchait à la droite de Lorens, tout en songeant qu'il ne lui avait jamais été donné de porter des vêtements aussi coûteux. Malgré tout, le prince tout comme elle avaient préféré une certaine sobriété. Le royaume sortait tout juste d'une guerre interne qui l'avait durement éprouvé, mieux valait ne pas exagérer dans les dépenses outrageuses, et continuer à reconstruire. Cependant, c'était un jour de fête, un jour très important, et il fallait qu'il soit marqué dans tous les esprits.
Les sabots ferrés de la jument immaculée qu'elle chevauchait claquaient sur les pavés, et elle agitait parfois nerveusement les oreilles d'avant en arrière, dérangée par les acclamations de la foule massée d'un côté et de l'autre de la rue. Sur les remparts ainsi que sur de nombreuses maisons et façades, on avait déroulé des tentures ou disposé des mâts où flottait le nouvel étendard de Ridallion, un loup et une licorne soutenant une couronne dans laquelle figurait une petite plume, le tout sur le fond bleu de la famille royale. Le vent les faisait vigoureusement claquer dans l'air doux du matin, et pas un seul nuage ne venait gâcher l'immensité uniformément bleue du ciel.
Alors que les jeunes gens, suivis par une vingtaine de cavaliers en tenue d'apparat qui constituaient la garde royale, se rendaient sur la place centrale, au pied du château, Sienna prit conscience avec une touche d'effarement que les choses s'étaient déroulées bien vite en l'espace d'un petit mois à peine.

***


Une fois que Lorens l'eut retrouvée grâce à l'aide d'Akaha qui l'avait ramenée du royaume des morts, il s'était chargé de lui raconter tout ce qui s'était produit depuis leur séparation, y compris pendant son ''sommeil'', alors que Nargoth les conduisait à nouveau auprès de l'armée. Ils avaient ainsi pu se rendre compte que la disparition du prince avait grandement perturbé les hommes, ce qui n'avait rien d'étonnant en soi. Leur retour avait également été l'occasion pour la jeune fille de retrouver les loups, afin de prendre de leurs nouvelles. Elle avait été grandement attristée par la disparition de Guehjone, mais soulagée que Cobalt soit toujours en vie, même si elle ne comprenait pas elle non plus ce qui s'était produit.
Puis, il avait été temps de procéder aux adieux. Tous avaient bien compris que leur route commune s'arrêtait là, et la séparation avait été difficile pour les uns comme pour les autres. L'armée allait marcher en vainqueur sur Azariel, la capitale, et les loups n'y seraient guère bienvenus, même si leur sacrifice ne serait pas oublié. C'était une part d'elle-même que Sienna avait vu disparaître comme des ombres dans les bois, avant qu'elle ne rejoigne les siens. Elle sentait toujours cette déchirure, car elle avait partagé énormément de choses avec la meute.
Les jours suivants avaient été totalement consacrés au voyage, qui se fit sans se presser, afin de reposer hommes et bêtes. Ils allaient entrer en sauveurs dans les murs de la capitale, et mieux valait être en bon état. L'humeur générale avait été au beau fixe durant tout le trajet, et le jeune couple en avait profité pour passer le plus de temps possible ensemble avant que le protocole ne vienne s'en mêler et leur compliquer les choses.
Lorsqu'ils étaient parvenus aux murs de la ville, les habitants s'étaient montrés hostiles et apeurés, mais quand ils eurent reconnu les étendards qui flottaient au vent, ils n'avaient pu contenir leur joie. A peine les portes passées, les soldats s'étaient retrouvés entourés par la foule en liesse, qui les acclamait. Le prince en particulier, avait eu droit à une véritable ovation. Pour le peuple malmené de Ridallion, cette petite armée annonçait des lendemains meilleurs.

Dans les semaines qui avaient suivi, tous s'étaient activés à reconstruire ce qui en avait besoin, des murailles jusqu'aux maisons les plus misérables. Dans tout le royaume, on avait envoyé des hérauts propager la nouvelle de la victoire et du retour de l'héritier du trône. Partout, on brûlait le moindre objet pouvant se rapporter au Seigneur Noir. Ses obscures bannières et tapisseries avaient été parmi les premières à flamber.
Dans le même temps, divers décrets étaient parus. Un des premiers fut celui interdisant de chasser et de tuer les loups. Les nouvelles s'étaient vite propagées, et Sienna ainsi que le rôle des loups dans cette guerre étaient désormais connus de tous. Qui plus est, avec les récents évènements, la magie risquait fort de sortir des légendes pour redevenir une réalité.

***


Sienna mit pied à terre, laissant les rênes de sa jument au serviteur qui les avait prises. Elle prit le bras que Lorens lui offrait, et elle se dirigea avec lui vers le centre de la place, où attendait le vieux conseiller du roi défunt. La jeune fille s'étonna encore une fois des acclamations qui lui étaient destinées. En si peu de temps, elle était devenue l'héroïne du peuple. C'était très étrange pour elle, d'autant plus qu'elle ne se sentait pas l'étoffe d'une reine, et que toute l'éducation qu'il lui aurait fallu ne lui avait été prodiguée. Pourtant, lorsque le prince lui avait demandé de devenir sa reine lorsqu'il serait couronné, elle n'avait guère hésité.
Ainsi, ce fut rayonnante qu'elle écouta toute la cérémonie de couronnement, et de mariage, immobile au bras de son futur époux, patientant en silence jusqu'à ce qu'on lui adresse la parole, tremblante d'émotion lorsque la fine couronne d'argent fut placée sur sa tête. Lorens pressa doucement sa main pour lui témoigner son amour, auquel il ne pouvait donner libre cours devant tous ces gens assemblés. Le nouveau couple royal se tourna vers la foule de ses sujets et les salua, sous un tonnerre de vivats. Alors qu'un coup de vent faisait voltiger des pétales de cerisier, arbres qui entouraient le centre de la ville, sur toute la place, elle ne put s'empêcher de songer que sa renaissance marquait également son entrée dans une toute nouvelle vie. Ce fut également la promesse que son nouvel époux lui susurra à l'oreille avant qu'elle ne s'abandonne à lui pour leur nuit de noces.

***


Les rayons agréablement tièdes du soleil printanier baignaient de leur lumière le plateau dépourvu d'arbres où la meute avait choisi d'installer leur nouvelle tanière. C'était un endroit paisible, entouré de tous côtés par la forêt, proche d'une rivière qui dévalait le plateau sous la forme d'une cascade un peu plus loin. Le gibier était présent en abondance, et la tanière était abritée par plusieurs grands rochers plats. Etendu sur le plus haut d'entre eux, le loup blanc sommeillait au soleil. Il fut cependant tiré de sa quiétude par des grognements. Il dressa les oreilles bien avant d'ouvrir paresseusement les yeux. Il releva la tête et bâilla largement, découvrant ses longs crocs blancs, puis s'étira avant de se lever et de descendre pour rejoindre le sol.
Les loups de la meute sommeillaient tous, eux aussi, le pelage réchauffé par les rayons du soleil, ouvrant de temps en temps une paupière alourdie par le sommeil, afin d'observer les deux perturbateurs. Seuls Akela et Bakkara étaient pleinement réveillés. La louve, étendue non loin de l'entrée de la tanière, surveillait les deux louveteaux de deux mois qui s'ébattaient à quelques pas d'elle, jouant à se battre et à se mordre afin de déterminer lequel serait le plus fort. Bakkara, qui avait conservé son esprit joueur de louveteau malgré le fait d'avoir grandi, s'amusait de temps à autre à en taquiner un, et les deux frères oubliaient alors toute querelle de pouvoir pour se jeter sur lui, lui mordant impitoyablement la queue et les oreilles, inconscient du fait que leur frère d'adoption roulait sur le dos avec un regard empli de plaisir.
«Ils sont pleins d'énergie...
Cobalt vint s'installer près de sa compagne et la gratifia d'un tendre coup de langue. Elle acquiesça en couchant sa tête entre ses pattes.
-Oui. Ils ont pris beaucoup de forces depuis notre retour. Dire qu'ils n'auraient pas dû survivre à la saison, à cause de leur état de faiblesse...
Daka, le petit noir, venait de saisir l'oreille droite de Bakkara entre ses jeunes crocs, et s'amusait à la mordiller sans que le louvard ne bronche, sous les aboiements approbateurs de Lew, son frère au pelage cendré. Le mâle alpha eut un petit rire.
-En ce moment, ils sont tout sauf faibles.
Il se tut, couché contre sa louve, ses yeux se fermant alors qu'il désirait rejoindre le monde des rêves, une fois de plus. Lorsque le jour aurait commencé à décliner, ils pourraient se rassembler pour la chasse. Akela lui poussa l'épaule du bout du museau.
-Tu penses à Sienna? Tu crois qu'on la reverra un jour? Les chemins que nous suivons sont bien différents, à présent...
Sienna. Oui, il y songeait encore. Parfois. Avec nostalgie. Elle lui manquait, un peu. Il s'était beaucoup attaché à elle durant ce temps en commun. Malgré tout, il entrouvrit la gueule dans une sorte de sourire amusé, la tête légèrement penchée sur le côté. Son regard serein fixait sa compagne, qui était lovée contre lui.
-Je pense que nous nous reverrons, tôt ou tard. Après tout, elle n'est pas vraiment humaine...
-Ah non?
-Tu ne l'as jamais senti?
Le loup blanc perdit son regard dans l'immensité sans nuages du ciel. Doucement, il laissa ses paupières se fermer. Tout était si calme et si serein...
-Elle a quelque chose de différent. Quelque chose de sauvage, comme nous. Un coeur de loup...»

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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mar 19 Mai - 18:10

Eh ben, j'en attendais pas moins de toi. Vraiment une très belle fin, tu gâtes tes lecteurs. x)
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MessageSujet: Re: Wolf's Heart   Mar 19 Mai - 19:36

Superbe fin, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire.
Et oui, on a apprécié, évidemment !
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